Solidarités Alibis

En ces temps difficiles, on met en avant le concept de solidarité pour justifier les réformes que l'on nous présente comme inéluctables : retraites, assurance maladie, hôpital, justice, éducation, services publics... La confusion est telle que le mot "réforme" est associé à celui de régression, d'où, les crispations que l'on observe.

En ces temps difficiles, on met en avant le concept de solidarité pour justifier les réformes que l'on nous présente comme inéluctables : retraites, assurance maladie, hôpital, justice, éducation, services publics... La confusion est telle que le mot "réforme" est associé à celui de régression, d'où, les crispations que l'on observe.

Etre contre la réforme, c'est vouloir protéger ses privilèges, défendre ses acquis sociaux, c'est devenu le comble de la ringardise et du conservatisme le plus éculé .Le privilégié, c'est toujours l'autre.. Ma conviction, c'est que la notion de solidarité, de partage des efforts, voire des sacrifices, ne peut être compris et accepté, que si les citoyens ont le sentiment que ces efforts sont équitablement répartis. Je voudrais illustrer mon propos, par 2 exemples concrets.

Prenons le cas de la journée de solidarité en faveur des personnes agées, initiée par Raffarin. La canicule et ses conséquences dramatiques, liées en partie à l'impéritie du gouvernement de l'époque ont inspiré cette mesure. Comme nous sommes tous des personnes agées en puissance, comment contester une telle décision? S'y opposer c'est être anti solidaire. sauf que cette solidarité là est sélective puis qu'un certain nombre de "corporations en sont exonérées: agriculteurs, commerçants, professions libérales. seuls les salariés sont décrétés "solidaires".

Autre exemple, les franchises médicales, dont l'objet, nous dit'on est de financer les dépenses engendrées par la maladie d'Alzheimer. Là encore, comment être contre? Solidarité sélective, d'autant plus inique, que ce sont les malades et eux seuls qui vont financer par un prélévement de 50 euros la mesure. Forme la plus aboutie de la solidarité: les malades paient pour d'autres malades...Si nous entrons dans cette logique, pourquoi ne pas financer la recherche sur le cancer, sur le sida, par d'autres prélèlevents aussi indolores?.

La SOLIDARITE, telle que je l'entends, n'a de sens que si elle est universelle, consentie et égalitaire. Dés lors qu'elle reste sélective elle s'apparente à des règlements de compte et ne peut qu'engendrer le rejet

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