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Billet de blog 1 févr. 2012

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Lettre ouverte Partie IV( Partie IV Les experts de la république et la république des experts)

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Les experts de la république et la république des experts : OPA sur la démocratie et la république

La démocratie et la politique reposent sur l’idée comme le souligne Jacques Rancière, que certains seraient plus compétents que d’autres notamment grâce à leur formation. Or, c’est  la pénurie et l’assèchement intellectuel, social et politique à tous les niveaux.

J’ai retenu une chose de la pensée scientifique dans mon éducation tardive. Celle-ci se forge et se renforce si elle va voir ce qui se passe dans les marges, s’y confronte, ouvre et accepte le débat, la contestation et la remise en question. Ce n’est pas dans un mainstream dominant, la pensée unique et le renoncement à la pensée critique, que la pensée scientifique avance et nous permet d’avancer. Elle doit donc sous peine d’agonie, s’ouvrir, se régénérer, favoriser la différence et la confrontation des points de vue. Par celle-ci il sera possible de penser la démocratie, le vivre ensemble et la république.

Contrairement à l’idéologie dominante, la démocratie n’est pas fondée sur la rente d’une minorité éclairée pour maintenir la paix sociale. En tout cas, ca ne marche plus.

Pour comprendre le problème posé à la démocratie française, il suffit d’une part, d’analyser les formations suivies, les trajectoires, les liens ou les postes des ‘décideurs et des faiseurs’ et, d’autre part, d’observer le taux de mixité sociale des débateurs, pour comprendre la nature des débats, des combats en jeu et des actions futurs. Il n’y a plus précisément ni débat, ni combat idéologique ni courage politique pour proposer une vraie rupture de modèle républicain et démocratique.

Il suffit d’écouter la parole et la pensée politique et managériale qui doivent nous éclairer. Ils parlent de ‘nous’, expliquent ce qui cloche pour nous, ou chez nous et éventuellement proposent quelques fausses solutions. Les intouchables c’est un terme à double sens. Les invisibles et intouchables,  ‘on’ pense pour eux, ‘on propose’ pour eux et on parle pour eux avec une dimension anthropologique qui devient insupportable.

Tout est fait et laissé sur tous les plateaux audiovisuels et en pratique opérationnelle, pour et par un système institutionnel fondé sur une reproduction sociale de castes devenue caricaturale, et l’une des pires observables en Europe. Les chiens de garde n’ont pas tort.

Les experts de la république répètent à l’infini les mêmes incantations, sur tous les plateaux télé, (sauf Taddéî, mais attention aux déviances), débattent entre eux et décident des schémas d’une société future dont le Tiers Etat et désormais le Quart-Etat est exclu.

Par cela, j’entends tous ceux dont les droits s’amenuisent, dont l’identité, la dignité, la reconnaissance et la parole sont niées, négligées ou confisquées.

La stérilisation et l’uniformisation de la pensée individuelle et intellectuelle, de profils issus des mêmes souches embryonnaires, homogénéisés et stérilisées sous peine d’échec individuel, conduisent aujourd’hui les élites à jouer volontairement ou non contre la démocratie et la République comme le disait Alain Garrigou et à faire le jeu des partis d’extrême droite.

Or, il n’est plus possible de se contenter des prime-time ou de la télé réalité comme étant la représentation de ce que nous serions ou de ce que nous voudrions. La république et la démocratie sont trop importantes pour que nous continuions à les laisser seules à des élites qui pour certaines d’entres elles n’en sont plus dignes. Ceux qui enterrent le rapport Perrucheau ou entérinent le ‘secret des affaires’ se réclament de toutes sortes d’hommes d’Etat. Or, ‘le futur n’est pas ce qui arrivera, mais ce que nous en ferons’.

Il ne suffit plus de proclamer le renouvellement générationnel qui n’a d’autre effet que de remplacer les plus anciens par les mêmes plus ‘jeunes’. Il faut arrêter cette pathologie nationale couplée et liée à celle d’un capitalisme qui serait devenu irresponsable. Il ne s’agit pas de catastrophes naturelles. Il s’agit des choix ‘de civilisation’.

Ce n’est pas ou plus à Jacques Attali de questionner les hommes politiques mais à tous, sans que nous devions nous grimer, nous travestir ou renier nos origines. Tout ce mépris ou cette ignorance est une insulte à notre intelligence.

En ces jours où les hommes des réseaux ‘d’excellence’ veulent accéder ou garder le pouvoir, au-delà de mon cas personnel mais néanmoins symptomatique, demain les dernières  remarques de conclusion, avant de retourner au silence.

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