Le Coronarovirus : lecture un peu politique des actions des agences de santé

Le système sanitaire français fait aujourd'hui la démonstration d'une absence de planification et d'une politique de pourrissement qui malheureusement ne date pas d'hier mais sera l'enjeu de la fin du mandat d'Emmanuel Macron.

Est-il normal que les omnipraticiens soient si mal traités par les agences de santé, que la sixième puissance mondiale ne soit pas en mesure de répondre à une demande de masques pour les professionnels de santé libéraux  (médecins, infirmières, etc...), et demain manquera-t-on de gants ?

Est-il normal de laisser pourrir la crise hospitalière ? certes depuis des années, sous Sarkosy et Hollande pour des économies et le respect des déficits, rien n'a été fait pour remédier aux effets dévastateurs des numerus clausus, d'une démographie médicale mal envisagée. Un ministre est parti pour conquérir Paris, la belle affaire, mais qu'a il été fait pour règler les problèmes de l'hôpital ?

Pour le public, le masque serait inutile, l'argument laisse pantois. Il ne repose que sur un seul état de fait, le masque est inutile parce que l'on n'en a pas ... combien de fois se touche-t-on le visage par jour ? autour de 250 fois ... et donc qu'avoir un masque à l'extérieur n'est peut-être pas aussi inutile pour éviter de se toucher le nez ... les asiatiques qui portent volontiers des masques ne sont pas des illuminés, juste un peu méprisés par nos élites. Il n' y a plus de solutions hydroalcooliques disponibles, c'est très facile à produire, le médecin suisse qui l'a conçu l'a laissé libre . Pourquoi une distribution n'est elle pas organisée ?

L'économie de la santé gère les médicaments à flux tendus, organisant ainsi les pénuries, il est malheureusement connu que régulièrement les rendez-vous de chimiothérapie ou de certains examens sont reportés, faute de matière première !

Maintenant, il y a ce qui fait vraiment peur, le sort de nos anciens, ces personnes agées de plus de 70 ans qui ont toutes plus ou moins des affections diverses que prévoit-on pour elles ? la canicule n'aura pas appris grand chose à cette fonction publique. Que va-t-il advenir des habitants des EPAHD où l'on sait que l'hygiène est précaire faute de personnel ? C'est la population la plus à risque, on ne voit pas à ce jour beaucoup de planification. 

Il serait utile que l'on explique également le choix, une fois le test de détection en place d'avoir tant tardé pour le rendre accessible dans tout le pays ? En conséquence une politique de l'autruche a été choisie, entrainant une multiplication des personnels de santé affectés. Ce choix délibéré, économe en petite monnaie finit par couter très cher. Depuis la mise en quarantaine en Chine sur un territoire trois fois plus petit de l'équivalent de la population française, la prise en compte des enjeux ne s'est pas faite. Encore un peu de mépris pour ces chinois.

L'on a beaucoup glosé sur la crise de 2003, de Roselyne Bachelot, des stocks de Tamiflu, est ce que nos technocrates ont voulu éviter ?

Alors l'on va nous expliquer que la grippe saisonnière tue plus, en nombre certes, en personnes affectées par la grippe en pourcentage l'on tombe à 0,1% (source John Hopkins CSSE) , pour le Covid 19 l'on évoque entre 2 et 5% .

Certes le Ministère de la Santé a remporté une grande bataille en déremboursant l'homéopathie, toujours la même approche, mais a laissé pourrir la situation à l'hôpital. 

La responsabilité de cette situation explosive n'est pas celle seulement des politiques mais aussi des superstructures de la haute administration qui poursuivent leur carrière sous Sarkosy, Hollande ou Macron.

 

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