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Billet de blog 4 janvier 2015

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La Grèce n'a pas intérêt a quitté la zone Euro

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Pourquoi la Grèce devrait-elle quitter la zone euro ?

Depuis quelques jours l'on fait passer les informations que l'Allemagne ne s'opposerait pas à une demande de la Grèce de quitter la zone euro. D'un côté si la Grèce en faisait la demande, il serait bien difficile de lui refuser. De l'autre, Je ne pense pas que les dirigeants grecs seront suicidaires à ce point.

L'Allemagne et les autres pays européens sont tout de même grandements responsables d'avoir invité la Grèce à rejoindre l'Union Européenne en 1981, avant l'Espagne et le Portugal, alors même que le pays vivait dans un moyen-âge institutionnel. Papaandréou ayant obtenu, faute d'une renégociation, une meilleure enveloppe de subventions, où sont elles passées ?

De même, lors de l'adhésion à l'Euro qui a cru au respect par la Grèce de ses ratios ? uniquement ceux qui ont voulu montrer une zone euro élargie.

Dans son état actuel la Grèce s'enfermerait dans une situation encore plus mortifère. L'intérêt des grecs est de renégocier sa situation, ce point est d'ailleurs beaucoup plus simple aujourd'hui où sa dette est essentiellement portée par l'Europe et le FMI. La négociation consolidation n'en sera que plus facile, en contrepartie la Grèce doit continuer à se réformer pour se doter d'un Etat qui pour le moment n'existe pas. Le problème ce n'est pas tant le montant de la dette que de son coût. Ceci passe par des réformes de fond mettant à mal tous les clientèlismes, - comme par le recensement des propriétés foncières (finalisation d'un cadastre digne de ce nom, ce que la France est d'ailleurs incapable de faire en Corse),- comme la reprise des biens de l'Eglise Orthodoxe non indispensable à son activité, ces biens hérités de la colonisation turque n'ont plus lieu d'être;-comme le vote d'une nouvelle constitution affirmant par chacun le consentement à l'impôt .

La troïka a eu le mérite d'obliger à ouvrir le débat, mais les partis politiques au pouvoir n'en n'ont pas tirer toutes les conclusions et notamment la nécessaire remise à plat que cela impliquait. Mettre fin à toute forme de tricherie, faire prendre conscience de cet état de fait sont des actions politiques cruciales. La solution de facilité de supprimer des postes de conducteurs de bus ou de fermer des lignes est certes bien plus simple pour atteindre les objectifs demandés.

Car avec ou sans la troïka, la Grèce n'a pas d'autre choix que de changer, c'est une question de méthode. Aider la Grèce a créé un état moderne devrait être la première des tâches de l'UE pour réparer l'irresponsabilité de n'avoir pas fait le nécessaire plus tôt, d'avoir déverser des milliards de subventions, d'avoir couvert des gouvernements incompétents au lieu de les obliger à créer un état moderne et fiable.

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