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Billet de blog 11 novembre 2012

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Parallélisme entre les commentaires des lecteurs de Mediapart et les "Tea Party" sur le pragmatisme d'Arnaud Montebourg .

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En réponse aux commentaires concernant Arnaud Montebourg

Tous ces commentaires me font franchement rigoler, nous avons visiblement élu Hollande pour des raisons totalement différentes.

Remettre en ordre la France et ses finances publiques était l'objectif de mon vote, pour le moment je n'ai pas à m'en plaindre.

L'objectif de remettre sur un axe de compétitivité la France passe nécessairement par des révisions douloureuses pour les réactionnaires du village gaulois qui résiste tout seul .

Tout ce que je lis aujourd'hui, c'est incroyablement réac, un probablement réac de gauche.

Il y a un énorme fossé qui se crée dans la pensée des gens, sur un passé soit disant meilleur et hexagonal.

La compétition internationale implique que les pays aux salaires les plus élevés doivent être plus compétitifs, et donc que leurs produits soient demandés et payés pour leur prix.

Les obstacles sont nombreux en France, et déjà dans les têtes, peu de flexibilité sociale,géographique, horaire, éducative etc...

C'est de ce corpus intellectuel que naissent ces commentaires fielleux, désabusés, pessimistes, entre ultra-gauche et anarcho-syndicalisme. C'est dommage, et d'un côté compréhensible tant l'ascenseur social s'arrête en France entre 18 et 25 ans. L'on fabrique des diplômes à rallonge, il y a 40 ans l'on rejoignait l'école normale à 15 ans pour être instituteurs à 18/19. L'on travaillait 5 jours par semaine du lundi matin au samedi après-midi

Aujourd'hui, c'est une formation Bac+5 pour faire apprendre à lire, écrire et compter sur les mêmes programmes, sans langue étrangère. Que cela crée de la frustration, c'est une évidence, surtout que les salaires ont été écrètés.

Il y a 40 ans l'on montait à Paris, l'on pouvait devenir propriétaire et espérait on finir dans sa région pour la retraite, entretemps le monde s'est ouvert. L'on ne monte plus à Paris, mais l'on file à Londres,New-York ou Sidney, pour ceux qui le peuvent et en ont le courage si ils n'ont pas de formation qualifié (cuisinier est une formation très qualifiée).

L'écart se creuse entre ceux qui bougent et les autres.

Que le travail du Dimanche soit encore un sujet, que l'on discute des 35 heures (qui a été la meilleure opération des grandes entreprises qui ont pu améliorer leur compétitivité sans hausses de salaires), c'est avec la même véhémence qu'ailleurs l'Eglise lutte contre le mariage entre homosexuels.

Cela montre d'ailleurs l'extraordinaire conformisme social des uns et des autres, l'église n'est pas en première ligne pour défendre le Dimanche, et les homosexuels veulent un droit au mariage alors même que les enfants naissent aujourd'hui hors mariage majoritairement.

Alors, ce que montrent ces commentaires, comme pour les mauvais choix de Mitt Romney qui s'est fait plus conservateur qu'il n'était, c'est bien que les hommes politiques sont aussi condamnés à reprendre les idées courtes de leurs supporters même si ils ne les endossent pas nécessairement et surtout définitivement.Il y a donc dans ces commentaires un relent de Tea Party, un désir d'un monde rêvé qui ne comprend pas le réel.

Evidemment, tout cela n'empêche pas de lutter contre les dérives du capitalisme, du libéralisme mais de s'adapter à un monde qui lui a changé depuis 25 ans, la problématique du Congrès de Tours, aujourd'hui c'est de l'histoire, la décolonisation, aujourd'hui c'est de l'histoire, la liberté individuelle a pris le dessus, il faut le considérer, le regretter éventuellement, mais il y a mieux à faire en se plaçant dans le sens de la marche, même pour combattre les contradictions du système.

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