Médiapart publie un formidable article sur les bidonvilles en 1960 et leur renaissance dans les années présentes.
Dans les années soixante, la république immobilière qu'est la cinquième a répondu à la fois une demande accru de logements post-reconstruction, et également pour faire face à une demande liée à l'arrivée des rapatriés et à la croissance économique qui appelait de la main d'oeuvre immigré.
La France vivait une crise du logement sévère, des "zones" de banlieue, que l'on appelait la "zone" existait à Nanterre, Champigny ou Bobigny...
En une douzaine d'année, au prix de la création d'ensembles immobiliers devenus aujourd'hui des ghettos (n'a-t-on pas revu des projets en passant de 4 étages à 15 étages des projets urbains durant cette période ?).
Ainsi, hors de toute logique l'on a construit des ensembles immobiliers très éloignés des transports en commun tout en construisant la très bourgeoise ligne A du RER désservant Saint-Maur, Nogent, La Défense, Rueil et Saint-Germain qui n'a connu des variantes que bien plus tard.
Si l'on veut relancer la croissance, appliquer une politique d'économie de l'offre, il est également nécessaire, en bon "Reaganien" , de ne pas regarder sur la dépense, encore faut-il que cette dépense soit utile.
Harmoniser la région parisienne devrait être un objectif national, même si un programme du même type pourrait s'appliquer à Marseille.
La droite au pouvoir a créé avec application, et souvent avec le soutien du PC municipal des ghettos urbains en évitant soigneusement le mélange des populations, et en ne créant pas les moyens de transports urbains permettant la mixité, l'accès à l'emploi.
Ce partage a contribué a créé le 92 pour les riches et le 93 pour les pauvres et les étrangers.
Relancer le Grand Paris dont le projet est dans les cartons depuis 40 ans, la ligne de grande ceinture serait un objectif national essentiel. Le coût de 30 milliards d'euros est assez raisonnable, il faudrait le réaliser rapidement sur 5-7 ans comme le métro parisien. La comparaison de ce coût avec l'organisation des JO de Londres ou de Sotchi pour un pays comme la France n'est pas déraisonnable. S'agissant de dépenses d'infrastructure cela créerait une dépense amortissable sur le long terme, et certainement gérable auprès des agences de notations (l'on entend ici une dérive de 2% de l'endettement ramené au PIB actuel).
De plus, au pied de la cinquantaine de gares concernée, construire 300.000 logements en mobilisant les terrains appartenant aux entreprises publiques et à l'Etat ne serait pas impossible. Apporter ces terrains pour 0 pour les logements sociaux représenterait un coût de l'ordre de 6-8 milliards d'euros (50% de logement sociaux (150.000) x 60 m² moyen x (600 à 900 €/m² de charge foncière) et permettrait de réaliser un chiffre d'affaires de 20-25 millards d'euros à l'industrie de la promotion immobilière et du batiment et nécessiterait la construction d'équipements publics locaux pour 5-6 milliards d'euros.
Le Grand Paris réalisé en 5-7 ans, pour un coût public total de l'ordre de 45 milliards (30 pour les infrastructures de transport - 10 pour les logements sociaux - 5 pour les collectivités locales) entrainerait les acteurs du batiment pour 15 milliards supplémentaires représentant une relance économique de 3% du PIB sur 5-7 ans. Cette relance a de fortes chances de générer elle-même des effets positifs sur l'emploi, les cotisations sociales, les rentrées d'impôts. La construction de batiment a haute qualité énergétique accélérant la rénovation du reste du parc immobilier.
Le Grand Paris peut-être un pari sur l'avenir, mais il est essentiellement de l'investissement et non du déficit structurel. Les gouvernements de droite l'ont d'ailleurs bien mal compris en laissant comme Reagan filer la dette public, mais sans créer les opportunités publiques d'investissement. La guerre des étoiles constituait le plan de relance de l'époque, le Grand Paris serait tout de même un sujet plus pacifique.
La décennie perdue (2002-2012 grâce au sinistre 22 Avril) coûte décidément très cher à la France, l'absence de vision, l'amateurisme des élus qui ne se préparent pas sérieusement à prendre le pouvoir et le positionnement des électeurs préférant toujours le discours à l'usage de l'intelligence coûte également.
Un projet d'infrastructure comme le Grand Paris à réaliser jusqu'en 2035 est un projet à courte vue sans impact réel tellement il est dilué.