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Billet de blog 24 mars 2013

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Affligeant M.Mélenchon

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les enjeux politiques dans une crise économique et morale sans précédents depuis 70 ans ne doivent amener les hommes politiques à perdre leur sens commun.

Les insultes proférées par le leader du Front de Gauche à l'endroit de Pierre Moscovici, ou même des ministres de l'économie des pays européens traduisent une dérive anti-démocratique sans précédent nous renvoyant à l'entre deux guerres, ou à l'image des populistes européens. Jusqu'à présent cette direction n'avait pas atteint la gauche mais restait l'apanage des parties d'extrème-droite.

L'escalade de violence verbale masque en général un vide idéologique, ou l'invention d'un rapport de forces qui n'existe pas.

JLM va devenir rapidement risque pour la Gauche de la Gauche, en sortant du jeu démocratique. Car évidemment, il n'a pas de solutions à proposer pouvant devenir majoritaires et donc acceptables par la population française. Les élus de gauche gouvernent les collectivités et territoires depuis plus de 35 ans dans le cadre d'accords politiques qui pourraient voler en éclat, cela n'est ni l'intérêt des partis ni celui des citoyens.

Les faiblesses de JLM apparaissent au grand jour, dans un état de droit, le programme qu'il propose n'aurait même pas la possibilité du début d'application sans entrainer une baisse de pouvoir d'achat de 30 à 50%.

Influencer et peser est une chose, mettre en place en France une tranche d'imposition à  100% en est une autre, le pays n'est pas prêt à cela et au fond ce n'est pas plus français de demander celà.

A chaque fois, je me ressasse ce 21 Avril 2002, où de nombreux français en oubliant d'aller voter Jospin ont ouvert la voie à cette décennie calamiteuse de déficits, de réductions d'impôts pour les plus nantis et d'explosion de la dette.

Ce que l'on reproche aujourd'hui à François Hollande et sa majorité, c'est d'avoir à redresser un pays où, pendant dix ans,la politique du déficit à viser à purger le pays de son autonomie.

L'on peut critiquer l'Allemagne de Schroder, en engageant assez tôt les réformes, ce pays est aujourd'hui bien plus maître de son destin que la France.

Les problèmes sont aujourd'hui différents de ceux que l'on entend tout le temps :

- l'âge de la retraite, vu le taux de non-emploi des plus de 55 ans n'est pas le sujet, la droite pousse vers 65/67 ans, alors ayons le courage de dire que la retraite à taux plein c'est juste fini. Car le système de répartition ne fonctionne plus et ne peut payer, tout en sachant que le système de retraite par capitalisation, si il doit se faire au prix de rendements de 15% (comme pour certains fonds de pension américain), ne peut qu'entrainer plus de chômage et donc ne marche pas mieux.

- sur les 35 heures, c'est la grande et bonne affaire des grandes entreprises qui ont pu améliorer leur compétitivité de 20% en obtenant un blocage des salaires sur une longue période; mais cette loi n'a aucun sens pour ceux dont les horaires doivent être plus long, une boulangerie ne peut se permettre de fermer 4 heures par semaine, une secrétaire médicale non plus, cela crée-t-il des emplois pour autant ? Comment un médecin, salarié de la sécu pourrait en avoir deux si il n'a déjà plus les moyens de s'en payer une.

Aujourd'hui il faut envisager de travailler plus pour garder autant qu'il y a quelques années et envisager d'avoir une retraite amoindrie.

Pour revenir à la comparaison avec l'Allemagne, pays où il est facile d'être locataire pour un loyer moyen égal à 35% de celui que l'on paye en France, la fortune du pays est basée sur des biens à forte valeur ajouté, à la différence de la France ou de la Grance-Bretagne où la fortune des classes moyennes est simplement immobilière et spéculative.

Il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles toutes les solutions extrèmes  proposées par JLM , l'on sait pertinement que cela ne marchera pas, où alors il faut avoir le courage d'indiquer que cela ne peut se faire dans le cadre d'une conquète démocratique du pouvoir.

Je sais bien que de nombreux lecteurs de Médiapart soutiennent le Front de Gauche. Je lis chaque jour leur révolte. Je regrette souvent le ton des commentaires car l'espace de liberté qui nous est offert est large et agréable mais devient parfois limite, prenant des relents d'années 30. Ce qui est écrit reste à la différence de ces paroles qui s'envolaient exprimées en petit comité, aujourd'hui elles sont relayées massivement et cela impose à chacun une certaine retenue. JLM devrait le comprendre pour rendre son discours plus républicain, l'anti-france, l'ennemi intérieur, ces notions ne sont pas de gauche ... nous en avons mangé pendant les 23 premières années de la Vème république et encore récemment à Tarnac.

Sur la crise chypriote, je vous renvoie à mes précédents billets ...

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