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Billet de blog 24 oct. 2021

L'écologie doit elle se résoudre à la décroissance ?

L'effort à réaliser pour résoudre en France la question du réchauffement climatique passe par des solutions éprises de science pour être acceptables par le plus grand nombre. Un changement de la façon de faire de la politique est nécessaire pour revenir de la colère vers la raison. Une revue de la vie politique de ces cinquantes dernières années mériterait un retour à la nuance.

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Doit-on se résoudre à traiter la course vers la neutralité carbone comme un exercice de décroissance ? Ceux qui le souhaite veulent au fond imposer à tous leur vision d’une société rigidifiée. 

Lorsque j’entends les écologistes et le gouvernement évoquer la lutte contre les passoires thermiques alors que le sujet principal c’est de changer le paradigme de l’énergie. 

La consommation moyenne des ménages est de moins de 5000 KWh par an. 

Il y a en France près de 20 millions de maisons individuelles … Équiper en panneaux photovoltaïques, 60 m2 de toiture pour chacune des maisons assurerait la production nécessaire à 100% des ménages. La moitié des ménages vivant dans des maisons individuelles pouvant ainsi pourvoir aux besoins de tous ceux vivant en habitat collectif. Certains pourraient faire plus comme les châtelains ,dont François Fillon, qui pourrait ainsi rembourser sa dette. Cela implique évidemment d’inscrire  dans la loi que la contrainte énergétique s’impose aux architectes des bâtiments de France … 

En effet, 60 m2 de panneaux photovoltaïques représentent une production annuelle de 10.000 KWh par an. Sur ce point, j'évoque d'ailleurs une puissance instalée qui sera à l'usage sensiblement supérieure ...

Équiper les habitats avec des pompes à chaleur (PAC) efficaces permettrait réduire les besoins électriques et  de faire face aux besoins futurs notamment aux équipements de recharge des véhicules électriques. 

Comment le financer ? Évidemment l’Etat devra contribuer pour financer les toits, les batteries (pour la nuit) et les PAC. Pour ceux qui peuvent le financer par des avantages fiscaux, pour les autres en réorientant les placements en assurance-vie et les livrets d’épargne en financement long et en subventionnant ceux qui doivent l’être. 

Les toits disponibles sur les bâtiments logistiques et ceux des centres commerciaux pourraient facilement compléter les besoins énergétiques avec un appoint nucléaire résiduel. La nuit reste un sujet à gérer pour l’énergie provenant du photovoltaïque, l’énergie du vente n’est pas à négligée mais n’a pas l’obligation d’être représenté par des éoliennes, sur ce point une technologie de boites à vent au sommet des immeubles est également possible. Cette considération a également un impact sur les distributeurs d’électricité qui devront faire évoluer leur métier ou disparaître. 

Il sera aussi possible de favoriser les toits agricoles qui devront supporter des équipements électriques dont les tracteurs. Ces engins moins utilisés en hiver pourrait d’ailleurs restituer leur énergie dans les périodes de moindre utilisation ? 

Le panneau photovoltaïque a une durée de vie de 30 ans, sur la base du coût de l’électricité les installations s’amortissent en une dizaine d’année, trois de plus sont nécessaires pour effacer l’empreinte carbone de ces panneaux … Pour le lithium des batteries, il semble que tout ce que nous avons besoin se trouve en grande quantité dans le lit du Rhin !

Un démocrate doit croire à la force du droit, un citoyen doit avoir confiance dans la science. 

L’écologie est souvent à l’image d’un monde rêvé, régressif. Il est assez facile de faire une parabole du pet des vaches et du jogging … 

Les vaches pètent, et produisent du méthane (soit de l’eau et du CO2) doit on pour autant tous devenir vegan ? Les 6,8 milliards d’êtres humains produisent en respirant 1kg de CO2 par jour, pour limiter cette production doit on interdire le jogging ou le sport ? Les solutions sont évidemment ailleurs… mais là-dessus je n’y connais pouic. 

La crise sanitaire actuelle a illustré combien l’espèce humaine est équipée pour faire face et de l’autre comment elle génère des comportements irrationnels. 

L’extraordinaire efficacité des confinements a montré que les humains, en limitant leurs échanges pouvaient réduire une pandémie. L’extraordinaire efficacité de la science a montré que résoudre un mystère vaccinal pouvait se faire dans un temps très rapide sous réserve d’y mettre tous les moyens. 

Cette efficacité est à la fois une réussite pharmaceutique mais aussi le résultat de la formidable mutation technologique que nous vivons. Nos capacités de calcul et de modélisation permettent aujourd’hui d’économiser de fastidieuses expérimentations. C’est une nouveauté, et il serait utile de l’admettre pour comprendre ce monde.  

Cette société globale a largué une masse de personnes qui ne comprennent plus rien à un monde qui leur échappe. L’émotion a remplacé la raison qui avait permis de faire tant de progrès depuis Descartes. 

Le système éducatif est en grande partie responsable de cette situation. En 1960, tout le monde n’obtenait pas le certificat d’études où les épreuves faisaient croiser des trains et des baignoires fuyantes … le brevet permettait de postuler aux écoles normales d’instituteurs où le concours sélectionnait les meilleurs … lorsque Chevènement a inventé le bac pour tous, seulement 30% d’une classe d’âge y accédait … le bac C offrait 9 heures de maths par semaine en terminale et 7 heures en première … autant dire que les bacheliers passaient des épreuves équivalentes à celles des écoles d’ingénieurs d’aujourd’hui … les IUT et les BTS constituaient des épreuves très sélectives pour ceux qui souhaitaient rejoindre le monde du travail en deux ans … l’alignement de la réforme LMD s’est faite par le bas … une licence d’aujourd’hui vaut-elle un bac d’il y a 40 ans ? 

En tout cette dégradation du niveau est un élément essentiel de la confusion créée par les pouvoirs successifs. Cette confusion se traduit également par une perte de la raison politique, la colère remplace la lutte des classes. 

Cela fait les beaux jours du RN ou de la France Insoumise mais cela n’est pas bon pour la politique, en particulier lorsqu’un Zemmour apparaît dans le paysage. La politique, le sens politique, c’est ramener la raison dans l’analyse du gouvernement des choses, beaucoup trop d’acteurs ne font que du populisme pour exister. 

La proposition écologiste actuelle n’est qu’une autre forme de désagrégation de la raison.  

Cela fait beaucoup de choix qui ne fleurent qu’un pétainisme archaïque celui de la terre qui a toujours raison, du c’était mieux avant . Une base de repliement qui ne débouche généralement que sur la guerre. Nous célébrons Brassens, ses tontons , ses imbéciles heureux qui sont nés quelque part. Il est à craindre que tous les partis du repliements ne soient que des visions afghanes du futur. 

Nous avons besoin de la science, nous avons besoin de croire en elle, et de la savoir protégée des influences du marché. Les meilleurs ennemis de la science aujourd’hui ont beau jeu de la faire croire inféodée au marché, au lieu et place de permettre la création de contre-pouvoirs ou d’’avis divergents. 

Les crises récentes dans le secteurs pharmaceutiques ont montré qu’il existait des conflits d’intérêts, cela ne permet pas de jeter le bébé avec l’eau du bain.  

Une réflexion critique sur la politique de ces 50 dernières années pourrait amener à avoir une autre vision.  

  • L’accès à la majorité à 18 ans ? 
  • L’abolition de la peine de mort ? 
  • La réussite de la politique économique de Raymond Barre arrimant la France à l’Europe n’est elle pas la conséquence du changement de la gauche au pouvoir en 1983 ? (Sur le mot réussite il convient d’y mettre la nuance nécessaire pour accepter la victoire du septennat Giscard sur celui de Mitterrand et, au fond d'une réponse au Programme Commun). 
  • Il serait également utile de chercher à compredre pourquoi Thatcher et Reagan furent élus ? comment l'Etat-Providence dans ces deux pays en venait à subir un tel rejet ? pour être élus ces deux conservateurs avaient tout de même persuadés une partie de l'opinion de changer de camp.
  • La république des copains représentées par le RPR et les chiraquiens, les noyaux durs, les cadeaux qui va rebondir sur les pouvoirs socialistes ? 
  • La soi-disant pression de Bruxelles pour privatiser les autoroutes, EDF ou France Telecom ? 
    Dans les deux derniers cas il convient de regretter de ne pas avoir laissé au privé ces entreprises. Sur le premier, à quoi sert l’Inspection des Finances (à moins d’une trahison) incapable de constater que le rendement des fonds propres des adjudicataires serait de 20% ! 
  • La gauche plurielle qui après cinq années sérieuses d’exercice du pouvoir se fait battre à plat de couture ? 
  • Les aventures bonapartistes d’un Sarkozy et les tricheries sans vergogne pour exercer le pouvoir ? 
  • La défaite de Hollande qui n’a ni l’autorité pour exercer le pouvoir ou choisir ses ministres,  et une phrase bien malheureuse « mon ennemi c’est la finance » qui était à ses pieds. 
  • Macron, la victoire de ceux qui avaient soutenus François Hollande, pour une république social-démocrate accommodée au libéralisme ? 

Technologie, science et politique doivent aller de pair … et permettre un retour à la raison. Le lyrisme politique n'est actuellement pas de mise et, une société ne peut se résoudre à la colère permanente.

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