J'ai l'impression à longueur de commentaires d'être un huron, défenseur de l'économie capitaliste de marché alors qu'il en est tout autrement.
Il est en effet iconoclaste d'affirmer ici que le salaire minimum est trop élevé. Pourtant aujourd'hui notre fonction publique paie ses enseignants à Bac + 5 à 110 % du salaire minimum. Si il faut passer 5 ans à la fac pour justifier d'un tel salaire n'y a t il pas un problème ?
Dans le même temps nombre de jeune diplomés pour la même durée d'études vont démarrer leur carrière professionnelle au double de ce montant ...
Dans ces conditions n'est-il pas trop facile de reprocher au patronat leur absence de création d'emplois ?
Si le salaire minimum est au-même niveau en France et en Allemagne ou le taux de chômage est bien inférieur n'y a t il pas une erreur ?
Les entreprises souhaiteraient faire baisser les charges qui pèsent sur l'emploi, au fond, pour justifier le choix de plutôt investir en France qu'ailleurs.
Baisser les salaires, dont le salaire minimum, au fond cela doit-être possible à condition d'assurer un pouvoir d'achat équivalent.
En poursuivant la comparaison entre la France et l'Allemagne l'on constate alors quelque chose de flagrant, le coût de la rente immobilière. Le loyer moyen résidentiel en Allemagne est de 6.5 €/m²/mois, en France il est de 15 €/m²/mois . Un deux pièce de 50 m² coûte donc, hors charges, 330 euros outre-Rhin et 750 euros en France.
Les français ne travaillent donc pas seulement pour payer leur protection sociale mais pour payer une rente immobilière ... (l'on trouvera sans difficultés le même types de loyers aux Pays-Bas).
Propriétaire ou locataire l'on paie de toute façon un prix bien elevé pour le prix du sol en France. C'est une caractéristique de la gaulliste Vème République qui rêve d'une France de propriétaires.
Lorsque l'on calcule la fortune de la France, pour une valeur de l'ordre de 6 fois le PIB, valeur comparable avec celle de l'Allemagne l'on constate de fait une survalorisation de l'immobilier dans des proportions très elevées (voir Piketty).
L'une des méthodes de gauche pour relancer l'économie serait donc de fixer les loyers à des niveaux 30% inférieurs à leur niveau actuel, et d'accepter de revoir à la baisse les salaires, ce transfert de richesse vers les activités et l'emploi serait bien plus efficace.
L'on écrit sur les travailleurs pauvres, ceux qui gagnant le salaire minimum ne peuvent se loger, cette injustice qui est de loin l'une des plus criantes ne fait l'objet d'aucun effort de la part des pouvoirs publics (l'utilisation de cette expression permet de noter une approche apolitique ) indépendamment de leur couleur politique.
Les politiques de logement en France marchent juste sur la tête, elles sanctifient une pseudo-richesse qui ruinent l'accès à l'emploi de sa jeunesse.
La question que l'on doit se poser dans le cadre de la monnaie unique, c'est comment "dévaluer", pour relancer l'économie, indépendamment du système bancaire.
Il est vrai qu'une telle mesure aurait dans un premier temps un effet négatif sur la construction, mais dès que le prix de la terre aurait baissé une nouvelle norme pourrait s'établir, les banques devront étaler leurs financements existant sur des durées plus longues, cela ne modifierait pas nécessairement leur solvabilité.
Donnée amusante, la chute des valeurs immobilières ferait disparaitre l'ISF !