Cette Europe qu'il ne faut pas montrer : la véritable dimension du mouvement social.

  « Résister c'est créer, créer c'est résister »Une dimension européenne Si la carte sémantique (pearltree) ne s'affiche pas cliquer ce lien : http://www.pearltrees.com/vvfx/11358664/  « L'analyse systématique du nouvel ordre économique mondial, des mécanismes qui le régissent, et des politiques qui l'orientent, introduisent à une vision profondément nouvelle de l'action politique ; seul le mouvement social européen qu'elle appelle serait en effet capable de s'opposer aux forces économiques qui dominent aujourd'hui le monde » Bourdieu, Contre-feux

 

 

« Résister c'est créer, créer c'est résister »

Une dimension européenne

 

Si la carte sémantique (pearltree) ne s'affiche pas cliquer ce lien : http://www.pearltrees.com/vvfx/11358664/

 

 

« L'analyse systématique du nouvel ordre économique mondial, des mécanismes qui le régissent, et des politiques qui l'orientent, introduisent à une vision profondément nouvelle de l'action politique ; seul le mouvement social européen qu'elle appelle serait en effet capable de s'opposer aux forces économiques qui dominent aujourd'hui le monde » Bourdieu, Contre-feux

 

 

Nous ne devons rien attendre, apparemment, des gouvernements ni des syndicats. L'Europe, ce n'est pas Nous, c'est un réseau et cela se joue au sommet. Nous pouvons bien rejeter par référendum un traité, on nous l'imposera plus tard, amputé de surcroît de son volet social. A l'heure où le sauvetage des banques tient lieu de politique économique, où l'on proclame la fin de la crise, où des mesures d'austérité sont décidées conjointement – par les États les plus riches - afin de rassurer les marchés, tout semble déjà joué. Et l'urgence, c'est de s'opposer à la réforme des retraites : d'abord pour sa dimension emblématique. Le passage en force serait une victoire, un trophée ouvrant sur une série de destructions sociales et un triomphe en 2012. Mais aussi parce que c'est l'heure sombre des syndicats : ils y jouent leur crédibilité, et peut-être leur survie. C'est donc une ligne de front décisive.

 

La dispersion des luttes

 

Le mouvement social s'installe dans la durée, et devra sauter le pas des vacances s'il veut aboutir. L'unité intersyndicale peine à se maintenir, et les centrales ont du mal à contenir leur base. Ce qui se présentait d'abord comme une défense de la retraite prend maintenant la forme d'une contestation élargie : rejet de la figure présidentielle et de la ploutocratie bettencourtoise, revendication d'une véritable justice sociale – fiscalité, droit du travail, droits de l'homme même étranger ; les revendications de 2008-2009, non satisfaites, sont toujours en arrière-plan. Enfin, on nous parle de « scènes de guerre civile » (Bussereau ? Hortefeux ? Tron?). Faut-il alors rester concentré sur la question des retraites ou prendre le risque d'une dispersion du mouvement dans des fronts trop nombreux ? Poser le problème au niveau européen, est-ce prendre du recul ou perdre de vue la réalité ? Il est vrai qu'organiser une riposte européenne prendra du temps : on ne saurait compter sur ce potentiel pour gagner le combat des retraites. Mais si la réforme passe, devons-nous en conclure que le mouvement social est fini, ou qu'il doit prendre une autre forme ?

 

L'Europe sociale n'est pas un vieux rêve, c'est une urgence !

 

De toute évidence, le problème social est commun. On nous agite l'épouvantail de la Grèce, on nous dit : regardez nos voisins, nous sommes une exception, soyez raisonnables et serrez-vous la ceinture. Aux Grecs, on donnera l'exemple des Allemands, et on se renvoie la balle d'un pays à l'autre. Le discours politique des gouvernements l'affirme lui-même : c'est la nécessité des lois du marché européen, on ne peut que s'y conformer. En effet, c'est bien au niveau européen que les orientations socio-économiques sont choisies : un réseau très organisé s'empare des services publics, dérégule et privatise au nom de la libre concurrence, applique les accords de l'OMC (AGCS notamment). Réduire les déficits, conjointement, et faire payer le prix forts aux Grecs, par exemple, c'est le seul moyen de conserver la faveur des agences de notation. Mais c'est aussi « l'heure du peuple » chez nos voisins ! On nous dira bien sûr « ça ne marchera jamais votre truc, bande de rigolos ! » et nous pouvons répondre : « C'est fait, ça marche » (Gébé, L'An 01). Bien sûr on ne peut pas qualifier de succès fracassant la journée européenne des syndicats (voir 29/09) mais elle a quand même débouché sur une journée de grève générale en Espagne, et quelques échanges entre les syndicats les plus actifs. Bien sûr nous ne connaissons que très mal la situation des autres pays. Mais un rapide tour d'horizon de la contestation européenne (à compléter) le montre : un consensus se dégage contre la tyrannie des marchés, contre l'arnaque de la « moralisation du capitalisme ». La seule raison qui fait que tout ce système perdure, c'est la résignation, une acceptation de la situation qui se nourrit de l'occultation de la dimension européenne. Rendons visible le réseau européen des luttes, proposons des actions conjointes, et la résignation cédera à l'espoir.

 

 

Ajout du 25/10 : pearltree "alternatives européennes" (structrure vide).

Ce graphe représente une proposition d'architecture pour "ranger" les éléments que nous apportons. On peut imaginer qu'une édition participative vienne en complément de ce billet, et corresponde à cette structure (une page par noeud, où chaque abonné va lui-même classer-connecter sa contribution).

http://www.pearltrees.com/vvfx/11409850/

 

alternatives européennes

 

Ajout du 25/10 n°2 : APPEL A REDACTEURS EN CHEF ET REDACTEURS : annonce de la création d'une édition "alternatives européennes : plate-forme collaborative". en attente de validation

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