Les voeux d'Emmanuel Macron annoncent des cataclysmes sociaux majeurs

Tant que l'information sera aux mains d'une poignée de milliardaires, la démocratie restera un vain mot dans notre pays.

Tant que l'information sera aux mains d'une poignée de milliardaires, la démocratie restera un vain mot dans notre pays.

L'information n'est plus libre parce que les journalistes ne sont plus indépendants. Ils ont troqué ce pilier de la déontologie journalistique contre de jolis émoluments, des paillettes et une condition sociale confortable. Plus personne n'est dupe de cette tartufferie. Les chiffres du chômage, de la pauvreté, du nombre de manifestants communiqués par les organes de presse sont à mille lieux de traduire la réalité sociale de la France mais qu'importe! Du moment que cela donne un bruit de fond dans tous les foyers pour contrôler et asservir les consciences, c'est le principal.

Et en matière d'asservissement, le résultat est au rendez-vous. Le mouvement inédit des gilets jaunes est en train de fondre comme neige au soleil et les Français s'apprêtent à accepter les plus grandes régressions sociales de l'histoire contemporaine. Les Champs-Elysées etaient hier noirs de monde pour, nous dit-on, faire la fête. Mais fêter quoi? C'est la question existentielle qui meriterait bien qu'on s'arrête un instant pour y réfléchir.

A vingt heures, Emmanuel Macron annonçait que son projet de précarisation sociale allait continuer de plus belle en réformant notamment l'assurance chômage et le système de retraite. Alors voir la plus belle avenue du monde pleine de monde pour simplement passer d'un calendrier à un autre paraît complètement surréaliste face à la gravité du moment que nous vivons collectivement. 

A force de vivre dans le déni d'un pays qui se délite humainement et économiquement pour des intérêts socialement minoritaires, nous paierons cher notre passivité et lorsque notre modèle social sera définitivement exsangue, nous pourrons citer la célèbre réplique de la fable de La Fontaine qui résume bien notre insouciance d'aujourd'hui et nos regrets de demain : «Vous chantiez ? J’en suis fort aise. Eh bien ! Dansez maintenant. »

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