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Billet de blog 1 déc. 2021

Quand Marlène Schiappa n'assume pas sa tribune pour défendre Nicolas Hulot

C'est ce qui arrive quand on écrit une tribune sans réfléchir aux conséquences qu'elle peut engendrer. Marlène Schiappa semblait en effet très gênée face à Elizabeth Martichoux lorsqu'elle lui a demandé si elle regrette d'avoir défendu Nicolas Hulot face aux accusations d'agression sexuelles dont il fut la cible en 2018.

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C'est ce qui arrive quand on écrit une tribune sans réfléchir aux conséquences qu'elle peut engendrer. Marlène Schiappa semblait en effet très gênée face à Elizabeth Martichoux lorsqu'elle lui a demandé si elle regrette d'avoir défendu Nicolas Hulot face aux accusations d'agression sexuelles dont il fut la cible en 2018. Contre toute attente, la Ministre en charge de la Citoyenneté apostrophe la journaliste en évoquant une supposée discussion entre les deux femmes où elles se seraient mis d'accord pour ne pas évoquer le sujet de Nicolas Hulot.
Un immense moment de solitude pour la Ministre qui en plus, d'être contredite par son interlocutrice, donne à penser qu'elle encadre préalablement les interviews rappelant par là des méthodes soviétiques.

C'est une tribune qui va suivre longtemps l'ancienne secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les homme et les femmes. Le volontarisme que Marlène Schiappa a mis dans la défense de Nicolas Hulot est remonté brusquement à la surface depuis que l'ancien Ministre de la Transition écologique est accusé par Pascale Miterrand d'agressions sexuelles et la séquence télévisée est symptomatique d'une classe politique aux abois. A qui viendrait-il à l'esprit de défendre un homme accusé de viol au nom de la solidarité gouvernementale? Marlène Schiappa n'a visiblement pas vu le problème à prendre fait et cause pour Nicolas Hulot au vu et au su de tous. Le parti pris est d'autant plus problématique qu'il dévalorise la parole des femmes victimes de violences sexuelles.

Pour une femme prétendument féministe, cela n'est pas très sérieux et surtout cela montre bien les limites de sa solidarité aux femmes victimes. Une posture aux retombées médiatiques retentissantes et surtout en totale contradiction avec l'exigence de tolérance zéro réclamée par toutes les associations de défense des droits des femmes.
Le carriérisme politique n'est pas un penchant spécifiquement masculin et Marlène Schiappa en apporte la preuve éclatante. Comment être encore crédible à un poste ministériel dont l'une des missions est bien de protéger les femmes victimes de violence sexuelles? Impossible.
Cette macroniste de la première heure n'éprouve aucune difficulté à servir de bouclier pour neutraliser les attaques lancées contre Nicolas Hulot tout comme elle se sent tout à fait sereine de travailler en étroite collaboration avec un Ministre de l'Intérieur accusé lui aussi de plusieurs viols. En politique, l'indignation est une question de poste qu'on occupe...

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