Un acte XIII pour les gilets jaunes incarcérés qui sont des prisonniers politiques

Un acte XII dédié aux "gueules cassées" et quand on voit les blessures des manifestants en tête de cortège, on comprend pourquoi on les a appelés ainsi.

Un acte XII dédié aux "gueules cassées" et quand on voit les blessures des manifestants en tête de cortège, on comprend pourquoi on les a appelés ainsi. Les visages des victimes porteront toute leur vie les stigmates de cette violence policière sans parler des sequelles psychologiques que ces mutilations ont provoqués.

Pendant qu'un grand débat national aux airs de meeting de campagne se déroule sous nos yeux impuissants, les gilets jaunes continuent de battre le pavé dans les rues de Paris et les raisons de le faire ne manquent pas. Hormis les raisons originelles de ce mouvement, chaque semaine offre sont lot de révélations et donc des raisons supplémentaires de porter le gilet fluorescent. De nombreux gilets jaunes croupissent en prison pour des peccadilles alors qu'ils protestaient légitimement contre le déclassement de leur condition sociale. Ils se retrouvent pour bon nombre d'entre eux en maison d'arrêt pendant quelques mois. Quelques mois qui suffisent pour perdre un emploi et s'enfoncer davantage dans la précarité.

Une justice implacable s'est abattue sur ces contestataires qu'il faut soit mutiler, soit emprisonner. Pour l'emprisonnement, les juges ont très bien réciter leur leçon de droit. Cette même leçon qu'ils ne récitent malheureusement jamais contre d'autres justiciables lorsqu'ils s'appellent Balkany, Fillon, Sarkozy, Lavrilleux, Cope et j'en passe. Point d'indulgence pour ces pauvres "provinciaux" venus déranger la tranquillité et sérénité parisienne qui doit rester la vitrine de la France et le temple des privilèges.

Et les révélations tonitruantes des enregistrements d'Alexandre Benalla montrent bien, elles aussi, que la sévérité de la justice est à géométrie variable. "Tu vas les bouffer" dit Emmanuel Macron à Alexandre Benalla dans un texto en evoquant sa mise en examen après les violences du premier mai. En effet, pour le moment, il a effectivement "bouffé" les juges, les policiers et même les sénateurs en commission d'enquête parlementaire. La justice de notre pays censée être rendue "au nom du peuple français" inquiète, exaspère et même dégoûte lorsqu'on voit la futilité traitée avec sévérité et la gravité traitée avec légèreté.

Grand débat ou campagne de communication lancée en grandes pompes aux frais du contribuable, comparution immédiate pour les uns ou renvoie du procès aux calendes grecques pour d'autres, interpellation musclée pour les uns ou simple convocation pour d'autres, à vous de juger.

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