La Samaritaine visée par ATTAC pour dénoncer les profits indécents de Bernard Arnault

L'association anticapitaliste ATTAC a pris pour cible hier la Samaritaine recouvrant sa vitrine d'une peinture noire et en y portant les inscriptions "ARGENT SALE". Le siège de LVMH a également été visé par des activistes D'ATTAC qui ont tenu une banderole où on pouvait lire "Le Gang des Profiteurs. Faisons payer les #ProfiteursDeLaCrise".

L'association anticapitaliste ATTAC a pris pour cible hier la Samaritaine recouvrant sa vitrine d'une peinture noire et en y portant les inscriptions "ARGENT SALE". Le siège de LVMH a également été visé par des activistes d'ATTAC qui ont tenu une banderole où on pouvait lire "Le Gang des Profiteurs. Faisons payer les #ProfiteursDeLaCrise".


Ça n'a l'air de rien et pourtant cette opération qui s'apparente bien plus qu'à une opération de communication montre que les Français ne supportent plus ce système économique qui enrichit les riches et précarise les plus fragiles. Bernard Arnault, faut-il le rappeler, fait partie des hommes les plus riches de la planète. Grand bien lui fasse mais le problème n'est pas tant ce trésor de guerre qu'il a constitué et sur lequel il règne en maître mais la façon dont il a amassé ce véritable pactole. Bernard Arnault est de ceux qui usent et abusent de tous les dispositifs d'optimisation fiscale sans aucun scrupule et ce au mépris de leurs obligations morales et civiques vis-à-vis de leur pays. Pendant que l'économie mondiale a connu une contraction historique de son niveau d'activité, Bernard Arnault a augmenté son patrimoine de 62 millions d'euros sans fournir le moindre effort. La financiarisation de l'économie fait la part belle à cette caste qu'on veut nous dépeindre comme les premiers de cordée, des créateurs d'emplois et de richesses. En réalité, c'est leurs propres richesses qu'ils augmentent avec la même indécence au détriment de toute une classe de travailleurs payés à des salaires toujours tirés vers le bas pour courir après cette sacro-sainte compétitivité.

Bernard Arnault n'a pas attendu longtemps pour voir ses soutiens monter au créneau. Valérie Pécresse, sans aucune peur du ridicule a osé écrire sur Twitter "Ce n’est pas en attaquant nos champions nationaux, créateurs d’emplois et moteurs de l’attractivité dans le territoire, que nous aurons plus de justice sociale! Pour financer la solidarité il faut d’abord que la France reste un pays de créateurs et d’entrepreneurs". Autant d'idées que de contre-vérités en seulement deux phrases. La présidente de l'Ile-de-France n'a malheureusement pas pensé, sans doute par idéologie ou omission volontaire, à évoquer la hausse du taux d'imposition pour les plus riches et la suppression des niches fiscales pour financer cette solidarité nationale dont notre pays a tant besoin.

ATTAC a fait avancer hier l'idée d'une justice sociale qu'il faut absolument promouvoir par tous les moyens. Cette opération coup de poing montre que notre époque contraint les associations et les défenseurs des causes justes à transgresser parfois la loi pour se faire entendre et remettre sur le devant de la scène médiatique la lutte contre les inégalités et la pauvreté.

Valérie Pécresse mais aussi Anne Hidalgo qui s'émeuvent de voir une vitrine dégradée montre bien que ce petit milieu bourgeois et oligarchique se protège et protège surtout ses intérêts de classe. S'attacher les faveurs d'un milliardaire comme Bernard Arnault qui possède, rappelons-le, Le Parisien-Aujourdhui, Challenges, La Tribune, Radio Classique, c'est se donner toutes les chances d'obtenir une couverture médiatique bienveillante à l'approche des élections présidentielles.
Des journaux capables de faire la pluie et le beau temps lors de la prochaine campagne qui s'annonce rude, c'est capital. Les deux femmes ne cachant plus leurs ambitions présidentielles, elles voient en Bernard Arnault un faiseur de roi ou de reine qu'il faut choyer autant que faire ce peu.
Sauf que les dernières élections ont montré qu'une omniprésence dans les médias ne garantit aucunement un succès électoral au bout. LAREM ET le RN l'ont appris à leur dépend.

Même si l'abstention fut historique les 20 et 27 juin derniers, les associations doivent continuer à convaincre par des opérations de ce type pour montrer que l'action politique ne consiste pas seulement à s'enfermer dans un isoloir. ATTAC l'a merveilleusement démontré hier.

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