Le règne de la police

La police est de mieux en mieux lotie. Avec la gratuité des billets de transports SNCF accordés aux policiers, la police se sent reine en France. Plus rien ne lui résiste. Le président de la République ainsi que le Ministre de l'Intérieur se couchent face aux desideratas des syndicats de policiers.

La police est de mieux en mieux lotie. Avec la gratuité des billets de transports SNCF accordés aux policiers, la police se sent reine en France. Plus rien ne lui résiste. Le président de la République ainsi que le Ministre de l'Intérieur se couchent face aux desideratas des syndicats de policiers.

Pourtant ce ne sont pas les critiques qui manquent quand les commentateurs parlent de la police. Bavures, contrôles au faciès, racisme sont autant de griefs exprimés par les observateurs et les institutions internationales contre elle. Mais ce n'est pas un problème pour Gérald Darmanin qui a finalement accédé à la demande répétée d'Alliance et de l'UNSA-POLICE car en ces temps troubles où la rentrée sociale s'annonce très mouvementée, il faut motiver les troupes et des billets SNCF à l'œil semblent un excellent moyen d'amadouer cette corporation dont les exigences ne cessent de croître au fur et à mesure. Alors que le débat fait rage autour de la gratuité des billets SNCF pour les cheminots et leur famille, voilà que la police obtient comme par magie cette gratuité qui ne se justifiait plus, nous disait-on, pour les professionnels du transport. Un comble! De quoi donner envie de débrayer pour les 160 000 cheminots car cette mesure annoncée par Gérald Darmanin sur Twitter semble pour le moins anachronique.

La fin de la gratuité des transports pour le Ministre des Transports et le président de la SNCF est motivée par les difficultés économiques rencontrées par l'opérateur ferroviaire tricolore. Faire payer les cheminots ou à minima leur famille constituerait une bouffée d'air financière pour les caisses de l'entreprise publique de transports. Si l'idée est à elle-seule un total non sens social, la gratuité des billets SNCF accordée au policiers l'est encore plus et dessine encore une fois une injustice criante. Car ce qui est valable pour l'un devrait l'être pour l'autre. Sauf que les cheminots n'assurent pas la sécurité d'un gouvernement aux abois et c'est là la faiblesse des cheminots. Les cheminots sont en plus un corps électoral qui ne vote pas à droite et vu le concours du gouvernement apporté au dispositif d'ouverture des lignes SNCF à la concurrence, on comprend mieux pourquoi ce gouvernement les ignore, pire, les méprise.

La police arrache donc ce qui reste de conquêtes sociales aux cheminots pour se les accaparer sans vergogne. Encore une belle occasion de montrer l'exemplarité de cette institution dont l'impopularité atteint des sommets. Cette mesure démontre en tout cas qu'Emmnuel Macron aura encore bien besoin de la police et de sa matraque.

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