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Billet de blog 4 oct. 2021

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Des allocations chômage en baisse et une évasion fiscale qui explose

Alors que la réforme de l'assurance-chômage est entrée en vigueur le 1er octobre, l'évasion fiscale refait parler d'elle et de façon spectaculaire. Une immense enquête d'investigation organisée par un consortium de journalistes a permis de mettre la main sur ce qu'on appelle désormais les Pandora papers.

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Alors que la réforme de l'assurance-chômage est entrée en vigueur le 1er octobre, l'évasion fiscale refait parler d'elle et de façon spectaculaire. Une immense enquête d'investigation organisée par un consortium de journalistes a permis de mettre la main sur ce qu'on appelle désormais les Pandora papers, c'est le nom donné à des millions de documents impliquant des chefs d'Etat (actuels ou anciens), des ministres, des artistes et des milliardaires dans des affaires d'évasion fiscale.
On y trouve des noms comme Tony Blair, Shakira, le roi de Jordanie Abdullah II mais là encore, comme pour les Panama Papers, aucun nom français, à part Dominique Strauss-Kahn.

On sait que l'enquête de ce consortium a épinglé 600 Français parmi lesquels y figurent notamment des hommes politiques. L'enquête fera-t-elle pschhiit comme cela a été le cas pour les Panama Papers ? Le sujet de l'évasion fiscale remis sur le devant de la scène médiatique vient nous rappeler que ce fléau est entrain de flirter à des niveaux encore jamais atteints. Ce ne sont plus des milliards de dollars mais des milliers de milliards dollars qui échappent au contrôle des finances publiques de plusieurs pays.
La France est incontestablement un des pays qui souffre le plus de ce mal qui gangrène notre société et qui appauvrit nos écoles, nos hôpitaux, nos casernes de pompiers et tous les services publics soumis à des politiques d'austérité économique. Les chômeurs vont perdre en moyenne 17% sur leurs prochaines allocations pour espérer réaliser, selon le gouvernement, quelques milliards d'euros d'économie. Une réforme dont la date d'application ne pouvait pas plus mal tomber. Des hommes politiques cachent leur fortune au fisc et prônent en même temps l'orthodoxie budgétaire pendant que des chômeurs verront encore leur précarité s'aggraver.

Finalement l'argent existe bien pour peu qu'on veuille le chercher au bon endroit. À vouloir faire la guerre aux précaires plutôt qu'à l'évasion fiscale, les gouvernements successifs nous montrent que l'objectif n'est plus, la justice sociale, cette justice où chacun alimente le pot commun à la hauteur de ses revenus pour contribuer au fonctionnement de nos services publics. Nous savons aujourd'hui que l'évasion fiscale est un système juridique, économique organisé par les puissants pour se soustraire à l'impôt ce qui à terme, appauvrit les caisses de l'Etat et rend ainsi nécessaire les suppressions d'acquis sociaux, les baisses de moyens pour nos enseignants, nos médecins et la casse de tout un modèle social connu et reconnu dans le monde entier.
Le chômeur qui verra donc son allocation amputée de quelques dizaines voire centaines d'euros n'aura aucun mal à comprendre qu'il est le dindon d'une gigantesque farce dont le dénouement risque de se terminer par des heurts, des larmes et des cris face à une injustice aussi révoltante.

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