La pandémie s'essouffle...et la promesse d'un plan massif pour l'hôpital aussi

La pandémie s'essouffle et il faut s'en réjouir. Sans oublier pour autant qu'elle a causée la perte de milliers de personnes. On découvrait alors la valeur inestimable de nos soignants. De l'infirmière au médecin en passant par l'aide-soignante.

La pandémie s'essouffle et il faut s'en réjouir. Sans oublier pour autant qu'elle a causée la perte de milliers de personnes.

On découvrait alors la valeur inestimable de nos soignants. De l'infirmière au médecin en passant par l'aide-soignante. Tous ont vu leur popularité bondir face à l'abnégation dont ils ont fait preuve se risquant même à laisser leur vie pour sauver celle de leurs patients. Le président promettait alors un plan massif pour l'hôpital baptisé le Ségur de la santé. Il a été question de revalorisation des salaires de tous les acteurs de soins. Aujourd'hui ils sont beaucoup moins sous le feu des projecteurs et pourtant ils sont toujours sur le pont. Ce plan dont il était question au temps fort de la crise sanitaire prend peu à peu la forme d'une simple déréglementation des 35 heures pour permettre à nos héros d'hier de travailler plus...enfin pour ceux qui le peuvent.

"Travailler plus pour gagner plus", une formule célèbre dont l'histoire s'est finie par "travailler plus pour gagner autant si ce n'est moins pour espérer garder son emploi". Il semble bien que l'histoire se répète aujourd'hui au grand dam de toute cette chaîne médicale qui nourrissait secrètement l'espoir que ce virus déclenche une prise de conscience du gouvernement sur la nécessité de sauver
notre modèle de santé.

La crise économique sévère vers laquelle nos politiques s'apprêtent à nous emmener inéluctablement montre que le "quoiqu'il en coûte" a pris du plomb dans l'aile. Et les tensions chroniques dont souffraient les services d'urgence avant l'apparition du covid19 risquent bien de redevenir le quotidien des professionnels de santé. C'est-à-dire à des conditions de travail calamiteuses et des rémunérations indignes. Les promesses n'engagent que ceux qui y croient et Emmanuel Macron est bien placé pour le savoir car les depuis l'élection du banquier d'affaires, le pays a été malmené comme jamais, de régression sociale en recul des droits fondamentaux alors que "le nouveau monde" ressemblait davantage à une société économiquement vertueuse, écologiquement responsable et socialement juste.

Des promesses toutes passées sous le tapis et nul doute que l'hôpital va reprendre le chemin d'une inexorable déshérence. Jusqu'au jour où, pour se faire soigner, la carte vitale cèdera définitivement sa place à la carte de crédit.

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