Tariq Ramadan maintenu en détention : la magistrature dubitative

Tariq Ramadan est toujours en détention au grand bonheur de l'opinion publique qui rêve plus que jamais de voir cet intellectuel de renom croupir en prison même si c'est avec un dossier bancal pour ne mas dire vide.

Tariq Ramadan est toujours en détention au grand bonheur de l'opinion publique qui rêve plus que jamais de voir cet intellectuel de renom croupir en prison même si c'est avec un dossier bancal pour ne pas dire vide. En France on aime bien faire des antorses aux principes démocratiques du moment que ça sert des intérêts partisans.

Et puis même si le déni de justice est patent et que le présomption d'innocence est confisquée au vu et au su de tous, ce n'est pas bien grave là non plus. Après tout le peuple accepte bien la privation de démocratie par des milliardaires qui créent des sondages et des élections à leurs convenances. Alors que l'application du principe de droit de la défense soit bafoué depuis des mois pour casser l'ambition d'un penseur libre d'élever la communauté musulmane, franchement ça n'empêchera personne de trouver le sommeil. Sauf que de plus en plus de magistrats commencent à trouver cette affaire de plus en plus suspecte et l'obstination du juge en charge de l'affaire de garder Tariq Ramadan incarcéré laisse le corps de la magistrature très dubitatif. Un femme (Henda Ayari) qui ne sait ni où ni quand elle s'est faite violer, une autre ( Christelle de nom d'emprunt) dont le récit est certes bouleversant et circonstancié à ceci près que la date et l'heure données par la présumée victime ne correspondent pas avec l'emploi du temps de monsieur Ramadan.

Je rappellerais simplement à ceux pour qui les mots conscience et responsabilité ont encore un sens que la justice en France est rendue "au nom du peuple français". Alors devant tant d'accommodements avec l'iniquité pour faire taire une voix politique dissonante, que dirait Voltaire à qui on a prêté la fameuse citation apocryphe : 《Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. 》?

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