Le Medef à l'assaut des chômeurs

Parfois juste une phrase suffit à envoyer un souffle d'inspiration. En surfant sur la toile, je suis tombé sur le patron du Medef, Geoffroy Roux De Bezieux qui a fait une déclaration qui résume toutes ses ambitions pour un marché du travail idéal : « Il faut changer radicalement les règles pour inciter à la reprise d'emploi ».

Parfois juste une phrase suffit à envoyer un souffle d'inspiration. En surfant sur la toile, je suis tombé sur une déclaration du patron du Medef, Geoffroy Roux De Bezieux, qui résume toutes ses ambitions pour un marché du travail idéal : « Il faut changer radicalement les règles pour inciter à la reprise d'emploi »". En plus de la brutalité du propos, la clarté elle aussi est au rendez-vous.

Les patrons en la personne de Geoffroy Roux De Bezieux sont visiblement excédés de payer des cotisations patronales qui servent notamment au financement de l'Unedic dont la vocation n'est autre que d'assurer un niveau de vie décent à ses allocataires le temps de retrouver un emploi. Mais dans l'état d'esprit du chef d'entreprise, il faut comprendre que les bénéficiaires des allocations chômage aiment l'oisiveté et pour y remédier, reduire drastiquement le niveau de ce stabilisateur social est un excellent moyen de remettre ces foutus chômeurs au boulot. Et puis s'il était possible de rendre ce système d'indemnisation dégressif par la même occasion tant qu'à faire pour frapper encore plus durement au portefeuille du chômeur cela l'"inciterait" davantage à accepter n'importe quoi, n'importe où et à n'importe quelles conditions. C'est plus élégant d'employer le mot "inciter" parce que le terme qui convient le mieux est plutôt "obliger" mais le message lui est on ne peut plus clair.

S'il y a quelqu'un qui donne de la continuité et de l'épaisseur aux propos du président sur les "riens" et les "fainéants" c'est bien le patron du Medef.

Malheureusement l'époque que nous vivons nous emmène à marche forcée vers ce modèle social du "marche ou crève" et étrangement, les partisans de ce "chacun pour soi" qu'on nous mijote sont tous à l'abri du besoin à la tête de fortunes colossales. Quelle coïncidence!

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