Pour Julie Graziani (LCI), quand on est une femme au SMIC, on ne divorce pas

"Je ne connais pas son parcours de vie à cette dame, qu'est-ce qu'elle a fait pour se retrouver au SMIC, est-ce qu'elle a bien travaillé à l'école ? Est-ce qu'elle a suivi des études ? Si on est au SMIC faut peut-être pas divorcer non plus".

LCI fait beaucoup parler d'elle en ce moment et la dernière sortie de Julie Graziani sur LCI fait froid dans le dos tant elle élève très haut le niveau de mépris vis-à-vis des classes laborieuses de notre pays. Une femme qui interpelle le président de la république sur sa précarité à fait réagir la célèbre chroniqueuse de la chaîne en ces termes : "Je ne connais pas son parcours de vie à cette dame, qu'est-ce qu'elle a fait pour se retrouver au SMIC, est-ce qu'elle a bien travaillé à l'école ? Est-ce qu'elle a suivi des études ? Si on est au SMIC faut peut-être pas divorcer non plus".


Est-il possible de parler avec plus de dédain que cela des femmes en situation de précarité sur un plateau de télévision? LCI s'était déjà illustrée il y a peu en diffusant le discours d'Éric Zemmour à la Convention de la Droite. Un discours que LCI a fait le choix de retransmettre en direct faisant de son intervention un événement médiatique incontournable. L'intéressé a au passage été condamné par la justice pour incitation à la haine religieuse. Bref un détail..

Et voilà que LCI relaye maintenant l'idée que lorsqu'on est une femme au SMIC, on ne divorce pas! Un tel niveau de condescendance laisse pantois surtout quand de tels propos émanent d'une femme supposément libérée et émancipée. On est en effet très curieux de connaître la conception de l'émancipation féminine pour cette dame qui exprime très tranquillement l'idée que la décision pour une femme de quitter son mari doit être dictée par sa condition sociale. Rappelons que cette même chaîne nous a bassiné des semaines durant sur le voile et le symbole de la soumission fantasmée qu'il revêt. Qu'en est-il alors d'une chroniqueuse qui décrète du haut de son fauteuil et de ses généreux émoluments en tant que chroniqueuse qu'une femme pauvre ne doit pas se séparer de son mari?

Cette classe dominante à la pensée rétrograde continue donc son oeuvre d'asservissement intellectuel des classes populaires et la parole, lorsque celle-ci est relayée en boucle, devient une arme redoutable pour distiller dans l'inconscient collectif toutes les idées de cette oligarchie au projet avilissant pour les plus fragiles de ce pays.

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