Journalistes et consultants santé de BFMTV verbalisés dans un restaurant clandestin

L'exemplarité n'est pas à chercher du côté des journalistes exerçant sur les chaînes d'information mainstream comme BFM.

L'exemplarité n'est pas à chercher du côté des journalistes exerçant sur les chaînes d'information mainstream comme BFM mais ça, on le savait déjà. Mais comment comprendre que des journalistes de BFMTV, médecins éminents et consultants santé de la même chaîne nous expliquent face caméras l'impérieuse nécessité de respecter la distanciation sociale et d'éviter les lieux fermés lorsqu'on retrouve ces mêmes personnes enfermés dans un restaurant clandestin et prendre un plaisir devenu interdit pour le commun des mortels? C'est bien ce que des fonctionnaires de police ont découvert avec stupéfaction, des faits rapportés par le Canard Enchaîné dans son édition du 3 mars.

En plus de ne pas se soumettre aux restrictions sanitaires, ces personnes "savantes" bafouent la loi en se rendant dans des lieux dont elles savent qu'ils sont sous le coup d'une fermeture administrative pour cause de covid. C'est le règne des puissances d'argent qui mène la danse aujourd'hui et nous en avons encore l'une des plus belles illustrations par cet exemple. Nous savons que BFM est aux antipodes du journalisme au sens authentique du terme mais là nous dépassons l'entendement lorsqu'une poignée d'individus vante les mérites de l'isolement et de la rupture sociale pour le bien de la nation lorsqu'ils sont incapables de s'appliquer ces préceptes à eux-mêmes.

Voir des puissants qui prodiguent des leçons de savoir-vivre et d'excellence aux citoyens privés de tout devient visiblement une habitude dans ce pays qui ressemble furieusement à l'Ancien Régime. Ce coup de filet de la police vient en tout cas nous rappeler encore une fois que nous vivons à pleins poumons le règne des puissances d'argent capables de s'affranchir des règles et des lois partout et tout le temps. Ce qui n'est bien sûr pas le cas du citoyen lambda qui se retrouve verbalisé à la caisse d'un magasin à 18h05 parce qu'il n'a pas eu le temps de s'y rendre avant, contraint par une dure et longue journée de travail, la seule chose qu'il est encore permis de faire.

On connaissait la justice à deux vitesses, la médecine à deux vitesses, l'école à deux vitesses. Nous voilà maintenant face au confinement à deux vitesses.

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