Manifestation contre les violences policières à Concorde malgré l'interdiction

La colère monte et elle n'a pas fini de le faire savoir dans la rue pour dénoncer les violences policières. Des violences policières qui riment systématiquement avec impunité policière, une situation qui ne peut plus durer.

La colère monte et elle n'a pas fini de le faire savoir dans la rue pour dénoncer les violences policières. Des violences policières qui riment systématiquement avec impunité policière, une situation qui ne peut plus durer. C'est dans ce contexte qu'a eu lieu aujourd'hui un rassemblement de plusieurs milliers de personnes à Paris sur la très prestigieuse place de la Concorde.

Malgré son interdiction, la population n'a plus peur de désobéir et c'est peut-être là le point de bascule d'une société prête à tout pour changer les choses. La peur n'exerce plus ce frein qui empêchait encore il y a peu de manifester et d'aller au contact des forces de l'ordre pour crier toute sa réprobation contre une institution qui a perdu toute légitimité et crédibilité. Et après une épidémie comme celle que nous avons traversé où chacun se rendait sur son lieu de travail au péril de sa vie, peut-on encore avoir peur de battre le pavé pour s'indigner face à l'intolérable?

Les violences policières lorsqu'elles ne s'expriment pas dans la rue par les LBD, les gaz lacrymogènes et les coups ee matraque, elle s'expriment sur les réseaux sociaux et la manière qu'elle a de le faire fait froid dans le dos. Cest ainsi que six policiers ont été surpris en train de tenir des conversations ouvertement rascites dans un groupe privé sur le réseau social Watsup. La haine qui anime les membres de ce groupe est absolument stupéfiante. On apprend qu'ils sont armés et attendent impatiemment mais sûrement qu'une guerre civile arrive pour faire usage de leurs joujous en exterminant tout ce qui ressemblera de près ou de loin à un noir ou un arabe. Les révélations sont accablantes pour la police et l'un des signes de fébrilité de celle-ci est l'envoie en service commandé dans les médias mainstream de syndicalistes policiers issus de l'immigration pour servir bien evidemment de caution morale à une corporation qui ne suscite plus aucune empathie.

Et les causes de cette compassion perdue sont nombreuses. Les images de mains arrachés, d'yeux éborgnés, de passages à tabac dont certains finissent par des drames, autant de scandales que l'IGPN couvre et que la justice blanchit. La classe politique, quant à elle, défend, pire même, promeut le travail de ces hommes en noir qu'on nous dépeint sans cesses comme des héros. C'est ce qui a conduit Eric Ciotti à proposer un projet de loi interdisant de filmer les policiers pendant l'exercice de leur fonction. Une belle façon de sceller définitivement l'impunité dont jouissent ces hommes de mains qui inspirent plus de défiance que de respect.

Et si les langues se délient et les manifestations contre la police se multiplient, c'est aussi parce que la mort de Goerges Floyd a eu une résonance internationale et a même traversé l'Atlantique pour dire une vérité valable aussi en France et pas seulement aux États-Unis. La vérité que lorsqu'on est noir issu d'un quartier défavorisé, on est exposé à un risque de mortalité beaucoup plus élevé lorsqu'on croise le chemin de la police que lorsqu'on est blanc residant dans des beaux quartiers. Une vérité banale certes mais encore trop contestée par nombre de personnalités médiatiques qui ont pignon sur rue.

La parole ne peut plus dissimuler la réalité des images de violences policières arbitraires qui tournent en boucle sur les réseaux sociaux en cela, cette lutte qui s'engage est déjà une victoire.

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