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Billet de blog 6 oct. 2021

Silence assourdissant de la classe politique face au scandale des Pandora Papers

Il est des signes qui ne trompent pas. Depuis la révélation du scandale mondialement connu sous le nom des Pandora Papers, pas un mot de la majorité. Aucune déclaration même laconique d'un membre du gouvernement.

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Il est des signes qui ne trompent pas. Depuis la révélation du scandale mondialement connu sous le nom des Pandora Papers, pas un mot de la majorité. Aucune déclaration même laconique d'un membre du gouvernement. Les comptes Twitter de Gérald Darmanin, Éric Dupont-Moretti, Bruno Le Maire habituellement prolixes n'ont pas dégainé un seul mot d'indignation pour dénoncer cet évitement éhonté de l'impôt qui est devenu en France comme ailleurs le sport préféré d'une caste riche, à l'abri des tourments de l'inflation et de la peur du lendemain.
Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron, Jean Castex, Richard Ferrand, Pierre Moscovici, Laurent Fabius, Marine Le Pen, Christian Jacob, Gérard Larcher, Bruno Retailleau. Tous ces personnages politiques de premier plan ont tous le même point commun de ne pas s'être exprimés sur cette gigantesque enquête d'investigation qui recense pas moins de 600 noms français. Très étrange. De plus en plus de questions se posent sur le silence assourdissant de ces braves gens qui disent servir l'intérêt général. L'évasion fiscale revêt pourtant un enjeu majeur pour le futur de nos finances publiques et font l'objet de la part du gouvernement, c'est ce que les Français croient en tout cas, d'une lutte sans merci. Une lutte sans merci mais sans grands résultats.
L'ICIJ, ce consortium de journalistes démontre de façon flagrante que le volontarisme, la coordination des moyens et des compétences paient. Ce nième scandale financier et de loin le plus retentissant est donc passé totalement inaperçu auprès de ceux qui nous gouvernent. Mais pourquoi donc? Ces hommes politiques habituellement très dispendieux en leçons de morale sont subitement bien incapables d'aligner quelques mots pour exprimer même timidement le début du commencement d'un semblant d'indignation.
L'ICIJ a en tout cas décidé de lâcher trois noms français: Guy Forget, l'ancien joueur de tennis et entraîneur de l'équipe de France, Sylvain Maillard, député Marcheur et Aymeric Chauprade, eurodéputé et ancien conseiller de Marine Le Pen en matière de politique internationale. Et tous adoptent la même stratégie comme un orchestre parfaitement bien rodé. Ils plaident tous en chœur l'usurpation d'identité. Là encore, drôle de coïncidence.
Tout porte à croire en tout cas que les Pandora Papers s'apprêtent peut-être à faire tomber des personnes clé de l'échiquier politique français. Cela à la condition que l'ICIJ ne rentre pas, comme il est à craindre, dans une négociation avec les personnes impliquées dans ce scandale car prendre le même chemin que celui emprunté par l'affaire des Panama Papers serait un désastre démocratique alors que les Français espèrent tant de ce consortium qui a déjà des allures de vrai contre-pouvoir politique.

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