Un grand débat national aux airs d'une propagande soviétique

Fatigué de voir toutes ces chaînes d'information mainstream qui participent éhontément à la campagne de communication du président.

Fatigué de voir toutes ces chaînes d'information mainstream qui participent éhontément à la campagne de communication du président. Ce n'est plus un grand débat national mais une propagande bien orchestrée avec un parfum de l'air soviétique où on vante sans discontinuité les vertus d'un pouvoir  définitivement discrédité.

Chacun sait que ce dispositif médiatique exceptionnel mis en place pour redorer le blason du président est un simulacre de démocratie. Pendant qu'il fait mine d'écouter et de comprendre les préoccupations sociales du peuple, il se fait un sang d'encre suite aux révélations de Mediapart où Alexandre Benalla est au centre de toutes les attentions. Le deploiement de la brigade criminelle de Paris dans les locaux du journal indépendant montre bien que ces investigations journalistiques dont la seule vocation est la manifestation de la vérité dérangent et même ébranlent le président.

La mobilisation continue et les critiques acerbes des gilets jaunes démontrent l'incrédulité des Francais face à ce qu'il faut bien appeler une manoeuvre politique du pouvoir pour dissimuler les injustices fiscales et sociales. Et pendant qu'Emmanuel Macron se met en scène sous la lumière des caméras, les LBD et grenades de desencerclement continuent de blesser et de mutiler les manifestants en quête d'un avenir meilleur et de conditions de vie décentes.

L'institut Ifop Fiducial donne, quant à lui, la popularité du président en hausse de six points. Seulement le commun des mortels serait ravi d'apprendre comment la popularité de l'exécutif peut-elle reprendre des couleurs en même temps que dernier restreint considérablement la liberté de manifester par la loi "anti-casseurs".

Si la France n'est pas encore une dictature, elle n'est en tout cas plus une démocratie depuis bien longtemps et ce n'est pas la justice et la police au diapason de l'exécutif qui va arranger cette forte impression de dérive autoritaire dont le seul but est de maintenir un pouvoir à l'agonie.

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