Record d'impopularité pour Emmanuel Macron

Ça commence à sentir le roussi pour Emmanuel Macron. Gérard Collomb envoyé en service commandé par l'Elysée est passé au grill jeudi dernier au micro de Jean-Jacques Bourdin dans Bourdin direct sur BFMTV.

Ça commence à sentir le roussi pour Emmanuel Macron. Gérard Collomb envoyé en service commandé par l'Elysée est passé au grill jeudi dernier dans Bourdin direct sur BFMTV. Ses propos ont de quoi laisser pantois. Il a reconnu un "manque d'humilité" de l'exécutif qu'il justifie par "l'aveuglement" selon ses propres termes.

On aurait envie de dire enfin!! Il était temps de se rendre compte que Jupiter avait atteint les sommités du mépris et de la désinvolture. Il faut dire que l'affaire Benalla a laissé des traces dans l'opinion publique qui l'a d'ailleurs fait savoir dans les derniers sondages. Selon l'étude réalisée par YouGov, seulement 23% des Français interrogés ont une opinion favorable du chef de l'Etat. La popularité d'Emmanuel Macron prend une trajectoire cataclysmique et visiblement ça a de quoi rendre l'exécutif fébrile.

Les soutiens politiques se reduisent à une peau de chagrin ce à quoi il faut ajouter la démission de l'emblématique Nicolas Hulot mettant ainsi le gouvernement à nu face aux Français. La nudité programmatique se résumant à aucune ambition écologique malgré l'urgence climatique, des classes moyennes et populaires saignées à blanc pour maintenir les cadeaux fiscaux aux plus aisés et des affaires en cascade allant d'Alexis Kohler à Alexandre Benalla en passant par Françoise Nyssen et Laura Flessel. Bref un tableau radieux qui donne envie de retourner aux urnes dès que possible pour corriger cette immense erreur de l'histoire.

Seulement l'humilité ne suffit pas à calmer la fronde qui gronde de plus en plus face à une politique économique la plus socialement injustes que la France ait connu depuis des décennies. Et d'ajouter que l'humilité ne se décrète pas mais s'observe dans le comportement ce que le citoyen cherche toujours.

Les "qu'ils viennent me chercher" les "riens", les "fainéants", les "Gaulois réfractaires", les "illettrées" le "costard" sont gravés à jamais dans la mémoire collective et les galipettes de façade faites par le ministre de l'Interieur ne suffiront pas à obtenir le pardon d'un peuple socialement brimé par un homme qui a fait la promesse aux puissants de ce pays de detruire à jamais le modèle social et solidaire que la France a mis plus de deux siècles à construire.

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