Cabale médiatique contre Foresti ou comment banaliser la pédophilie

Les pédophiles et violeurs,quoi qu'on en dise, ont encore de beaux jours devant eux. Quand on voit le traitement médiatique de l'intervention très remarquée lors de la cérémonie des Césars de Florence Foresti, on se demande en effet si le viol en France est mesuré à son juste de niveau de gravité.

Les pédophiles et violeurs,quoi qu'on en dise, ont encore de beaux jours devant eux.

Quand on voit le traitement médiatique de l'intervention très remarquée lors de la cérémonie des Césars de Florence Foresti, on se demande en effet si le viol en France est mesuré à son juste de niveau de gravité. Pourtant ce ne sont pas les mouvements féministes qui manquent pour dénoncer ce crime resté trop longtemps impuni dans les hautes sphères intellectuelles et artistiques. Florence Foresti a fait l'objet d'un acharnement aussi abject qu'insupprtable d'une grande partie du PAF alors qu'elle n'a que remis la morale dans le bon ordre lors de cette cérémonie.

Cette cérémonie qui restera longtemps la cérémonie de la honte quand on sait que "J'accuse" de Roman Polanski a été récompensé à trois reprises. Roman Polanski qui restera aux yeux du grand public un pédophile assumé parvient encore à remporter des distinctions artistiques parce que les grandes âmes qui siègent au jury de la plus prestigieuse remise de prix artistique arrivent, eux, à "séparer l'homme de l'œuvre". Une belle arnaque intellectuelle surtout pour toutes ces femmes violées qui apprécieront un tel conseil pour juger un film. De Pascal Praud à Ciryl Hanouna en passant par Elisabeth Levy. Tout y passe et chacun y va de sa verve pour accabler l'humoriste qui a osé mettre le jury face à ses responsabilités en dénonçant la présence de la dernière réalisation du cinéaste parmi les films candidats au Césars.

Dénoncer la pédophilie ne semble pas être du goût de tout le monde, surtout quand on s'enferme dans un entresoi médiatique et bourgeois dont les valeurs et la morale interpellent sérieusement. Si on trouve que le viol ou la pédophilie ne sont pas si répréhensibles, a-t-on encore sa place sur un plateau de télévision? Sur les chaînes de Vincent Bolloré, il faut croire que oui puisque les principaux tortionnaires de Florence Floresti officient toujours très tranquillement après avoir défendu corps et âme un pédophile présumé. Jean Dujardin, un des protagonistes du film controversé de Polanski avait twitté il y a peu "Je me casse. ça pue dans ce pays". On le dit en partance pour la Suisse, un pays neutre...

En cette journée de la femme où les droits des femmes sont encore à la peine dans ce pays, il serait bon que chacun s'interroge désormais avant de payer son ticket de cinéma sur la moralité de ceux qui prônent eux-mêmes la morale car dans le cas de Polansky, la morale n'est vraisemblablement pas celle qu'il nous prodigue dans ses films.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.