Sale temps pour les grévistes de la RATP

Sale temps pour les grévistes de la RATP qui vont maintenant devoir subir les assauts de leur direction. Des assauts d'une rare ampleur et menés avec une détermination qui fait craindre le pire pour le droit syndical.

Sale temps pour les grévistes de la RATP qui vont maintenant devoir subir les assauts de leur direction. Des assauts d'une rare ampleur et menés avec une détermination qui fait craindre le pire pour le droit syndical. Patrick, Yassin et François, tous au dépôt de Vitry et syndiqués CGT vont donc être déférés au conseil de discipline après avoir été entendus par leur direction locale.

Des sanctions exemplaires risquent de frapper ces grévistes de la première heure pour leur engagement dans cette âpre lutte contre la réforme des retraites. L'heure n'est donc plus aux incantations mais à une vague offensive coordonnée entre tous les dépôts RATP pour évincer en règle tous les meneurs, élus du personnel et les grévistes les plus irréductibles qui ont osé dire non aux attaques du gouvernement contre les conquêtes sociales. Couper les têtes dures qui refusent de rentrer dans le moule de la précarité que l'exécutif élabore méthodiquement, c'est bien l'objectif prioritaire de la direction de l'entreprise publique de transport pour mieux préparer le terrain de la concurrence prévue au 1er janvier 2025.


La grève initiée par les salariés de la RATP a montré qu'il sera beaucoup plus difficile de remodeler l'entreprise et son architecture sociale qu'il n'y paraissait. D'où la nécessité désormais de mener une véritable attaque à la tronçonneuse et ce quelque soit les drames sociaux et humains que celle-ci peut engendrer. Le combat de la dignité contre la régression sociale promise par Macron et son monde n'est pas encore finie et les voilà maintenant engagés en même temps sur un autre front alors que l'usure physique, morale et financière des agents est à son comble.

Cette chasse aux grévistes récalcitrants prend ainsi des airs de revanche dont les retombées vont sans aucun doute laisser des traces indélébiles dans la mémoire collective de l'entreprise. Mais des traces qui sont nécessaires pour éveiller les consciences sociales et remettre au goût du jour le concept que Karl Marx a merveilleusement bien théorisé par la lutte des classes.

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