RATP et SNCF, la déclaration d'intention individuelle a tué le droit de grève

Comme le disait Nicolas Sarkozy un jour : "désormais, quand il y a une grève, plus personne ne s'en aperçoit". Difficile de lui donner tort quand on voit les prévisions de trafic quasi-normal de la sncf et de la ratp pour aujourd'hui. Pourtant ce n'est pas les arguments qui manquent pour faire grève.

Comme le disait Nicolas Sarkozy un jour : "désormais, quand il y a une grève, plus personne ne s'en aperçoit". Difficile de lui donner tort quand on voit les prévisions de trafic quasi-normal de la sncf et de la ratp pour aujourd'hui. Pourtant ce n'est pas les arguments qui manquent pour faire grève.

Entre un plan pauvreté qui a des airs de plan contre les pauvres et qui au passage ne mobilise aucun euro supplémentaire, la suppression du statut des cheminots et la future réforme de l'assurance chômage, on cherche désespérément la fibre sociale de ce gouvernement. La politique économique, quant à elle, aggrave les injustices sociales et son inefficacité est patente puisque le nombre de pauvres de cesse de croître, le chômage contrairement aux chiffres mis en avant chaque mois, ne baisse pas et accessoirement saccage notre écosystème mais ça pour notre enarque rotshildien, c'est un détail.

Les agents sncf et ratp ne degainent plus l'arme de la grève aussi facilement et même si nous pouvons incriminer en partie le délitement des consciences sociales, c'est surtout le droit de grève qui a été démantelé. La déclaration d'intention individuelle votée le 21 août 2007 sous la présidence de Nicolas Sarkozy oblige de se déclarer 48 heures avant le jour à grève ce qui a été une atteinte grave et sans précédent au droit de grève. D'ailleurs le gouvernement dit socialiste de François Hollande n'est pas revenu sur cette régression historique affichant un peu plus son éloignement du peuple si tenté qu'il ait été proche un jour de ce peuple qu'il a bien berné avec le fameux slogan "le changement c'est maintenant".

L'effet d'emballement et de contagion de la contestation populaire au sein de ces deux entreprises publiques ne peut donc plus opérer et condamne de facto chaque mouvement de grève à un épiphénomène. Un bel exemple de démocratie au pays des Lumières pour promouvoir et développer un capitalisme mondial qui n'est rien d'autre qu'un fascisme économique que l'histoire jugera sévèrement.

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