Christophe Dettinger et Alexandre Benalla: un deux poids deux mesures insupportable

Chaque jour, le deux poids deux mesures judiciaire se voit un peu plus pour le commun des citoyens qui doute encore de la partialité des juges.

Chaque jour, le deux poids deux mesures judiciaire se voit un peu plus pour le commun des citoyens qui doute encore de la partialité des juges.

Christophe Dettinger, le boxeur qui a asséné des coups de poings au policier est incarcéré en attendant son procès fixé au 13 février. Alexandre Benalla dont la violence envers les manifestants du 1er mai dernier a été unanimement dénoncée fait des affaires en compagnie de fichés S au Tchad et ailleurs avec des passeports diplomatiques. Voilà un cas, parmi tant d'autres qui met à mal la devise de notre pays et plus particulièrement cette supposée égalité entre citoyens en laquelle plus personne ne croit.

Benjamin Griveaux aura beau martelé que la loi doit être la même pour tous mais la réalité de notre société nous raconte tout autre chose. Une justice qui condamne à la vitesse du son des gilets jaunes, des petits justiciables sans moyens ni défense et une caste politique qui se sert au lieu de servir mais sans jamais être inquiétée par quelque tracas judiciaire que ce soit.

Christophe Dettinger a pris ses poings, seule arme qui reste au citoyen pour s'ériger contre un pouvoir prêt à tout pour conserver ses privilèges et les privilèges de ceux qui l'ont élu. Ni élection, ni parti, ni syndicat, ni justice, ni police ne peuvent aider le peuple à l'agonie sociale. Alors face à ce pouvoir que le peuple n'hésite plus à appeler une dictature, des citoyens sont désormais prêts à franchir la ligne rouge pour se faire entendre. L'un qui défonce la porte d'un ministère avec un engin de chantier, des gilets jaunes qui cassent et maintenant un boxeur qui violente un CRS. Et nul ne doute que les limites seront encore repoussées lors des prochaines manifestations.

Les professionnels de l'indignation sont si prompts à fustiger ces contestataires alors que frapper des manifestants moyennant le port d'insignes de la police sans avoir le droit de le faire devrait selon toute logique rencontrer la même sévérité des juges. Mais les faits montrent bien que la justice est un outil malléable selon la "qualité" sociale du justiciable en question. Une situation que les gilets jaunes apprécieront encore une fois à merveille et qu'ils ne se gèneront pas d'exprimer dans les rues de Paris.

La violence sociale et sociétale entraîne bien la violence de la rue n'en déplaise aux "non-violents", aux "démocrates", aux "intellectuels" assis bien au chaud dans de confortables plateaux de télévision et vivant dans les plus belles adresses de la capitale à l'abri du besoin.

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