Un acte XXVI marqué par la peur de manifester

On se demande bien qui aura encore le courage de manifester après autant de violences policières, de blessures graves et irréversibles chez les gilets jaunes et de comparutions immédiates assorties de peines de prison fermes.

On se demande bien qui aura encore le courage de manifester après autant de violences policières, de blessures graves et irréversibles chez les gilets jaunes et de comparutions immédiates assorties de peines de prison fermes.

Seuls les plus téméraires iront battre le pavé aujourd'hui pour exprimer leur contestation du système et des injustices dont souffre notre pays. Le grand débat est fini et on se demande bien d'ailleurs à quoi il a servi sinon à "dépenser un pognon de dingue" pour mieux préparer les élections européennes au frais du contribuable. Les images du 8 mai 2019 feront en tout cas date dans les archives audiovisuelles. On y voit un président monter les champs Élysées et saluer les lampadaires, les trottoirs vides et les immeubles cossus. Quasiment personne pour accueillir Emmanuel Macron pendant cette cérémonie qui, de tout temps, a été un jour où l'apaisement et la sérénité furent de mise.

Mais ce pouvoir est allé trop loin et les images atroces de blessés, de bavures policières qui tournent en boucle sur les réseaux sociaux montrent indiscutablement que ce président a franchi la ligne jaune. Crédibilité ruinée et un désamour qui sonne comme la fin d'un règne. Un règne qui ne tient que grâce aux policiers dont l'action ne sert qu'à endiguer cette soif de vérité et de justice contre un pouvoir qui ment, qui vole, qui manipule et dont la légitimité n'est plus que l'ombre d'elle-même.

Alors ne lâchons rien pour que nos enfants soient fiers de dire un jour "mes parents étaient gilets jaunes".

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