La réforme de l'assurance chômage prend forme... et elle va faire très mal

La réforme de l'assurance chômage est lancée et autant dire qu'elle va faire très mal. Les contours de cette réforme feraient presque penser qu'il n'y a jamais eu de manifestations des gilets jaunes.

La réforme de l'assurance chômage est lancée et autant dire qu'elle va faire très mal. Les contours de cette réforme feraient presque penser qu'il n'y a jamais eu de manifestations des gilets jaunes. Pourtant c'est bien à une partie de cette population qu'Emmanuel Macron va s'attaquer.

Augmenter la durée de travail pour être éligible aux allocations chômage ce qui permettrait une économie de 4 milliards d'euros. Voilà la mesure phare de cette future reforme. 6 mois d'activité sur les 24 derniers mois seront nécessaires pour prétendre à l'allocation chômage contre 4 mois sur les 28 derniers mois aujourd'hui. Mais pour quel coût social? Juan Branco évoque 15000 morts par an imputables directement au chômage. Entre l'accès restreint aux soins et les séquelles psychologiques causées par l'exclusion du marché de l'emploi, on sait que le chômage augmente la mortalité de cette population par définition plus fragile même si nous manquons encore de données fiables sur le sujet.

L'idée est bien évidemment d'exclure les potentiels chômeurs de ce système d'indemnisation pour les contraindre à travailler davantage. Ça tombe bien, faire travailler les plus modestes, c'est ce que prévoit également le gouvernement pour la réforme des retraites. Il sera question de faire travailler les seniors plus longtemps ou s'ils ne le peuvent pas, de s'inscrire à Pôle Emploi. Pôle Emploi pouvant au passage suspendre l'indemnisation des chômeurs qui refuseront une offre raisonnable d'emploi.

Un formidable menu nous attend donc pour l'acte II de ce quinquennat. Et ce ne sont pas les résultats des dernières élections européennes qui vont freiner les ardeurs des mercenaires macronistes.

Le drame est que même dans le cas d'une alternance, quoique hautement improbable vu les résultats calamiteux de LFI, un gouvernement de gauche ne pourra plus revenir sur ces régressions sociales historiques alors que la soif de justice sociale et environnementale n'ont jamais été aussi fortes.

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