Les agents RATP-SNCF continueront la mobilisation jusqu'au retrait

On voudrait balayer d'un revers de main une grève historique que le Premier Ministre ne s'y prendrait pas mieux. Edouard Philippe a fait un pas vers les partenaires sociaux nous dit-on dans les chaînes où officient les éditorialistes et élites intellectuelles bien-pensantes. L'âge pivot en 2027 a en effet été retiré du projet de loi de la réforme des retraites.

On voudrait balayer d'un revers de main une grève historique que le Premier Ministre ne s'y prendrait pas mieux. Edouard Philippe a fait un pas vers les partenaires sociaux nous dit-on dans les chaînes où officient les éditorialistes et élites intellectuelles bien-pensantes. L'âge pivot en 2027 a en effet été retiré du projet de loi de la réforme des retraites.

La belle affaire! Ceci alors que la majorité des grévistes des deux principaux opérateurs de transport (RATP et SNCF) demandent le retrait pur et simple de ce projet de loi. La CFDT et l'UNSA montrent pleine satisfaction dans les annonces faites par Matignon alors que l'esprit de la réforme n'a pas changé d'un iota. Imaginer que les salariés de la RATP et de la SNCF vont reprendre le travail avec le seul retrait de l'âge pivot relève du mythe. Comment raisonnablement croire que ces agents qui ont sacrifiés plus d'un mois de salaire acceptent ce qu'il faut bien appeler un diktat social? C'est l'essence même de la retraite par points qui a été inlassablement dénoncée par les grévistes et les instances syndicales encore connectées avec leur base.

Qu'on se rassure, le métro et RER seront toujours à plus de 95% de grévistes et le trafic des bus sera dans une moindre mesure perturbé également. Mais on peut toujours compter sur les cadres qui tractionneront pour garantir la continuité du service public...ou casser la grève des conducteurs moyennant une généreuse prime en guise de récompense. Chacun se fera son opinion.

Ce dit compromis entre Philippe et les partenaires sociaux n'est en définitive qu'un simulacre de négociation qui va renforcer plus que jamais la détermination des agents RATP-SNCF. Et si on ajoute à cela la pénurie des carburants qui va s'inviter dans la danse dès la semaine prochaine, on a de bonnes raisons de croire qu'Edouard Philippe va encore devoir revoir sa copie de fond en comble. Ce qui est sûr, c'est que Laurent Escure a du souci à se faire pour les prochaines élections car la trahison dans laquelle il s'est merveilleusement illustré va incontestablement laisser des traces indélébiles dans la mémoire collective des adhérents de ce syndicat réformiste.

Foutu pour foutu, autant lancer les dernières cartouches dans la bataille car si Macron gagne ce face-à-face contre les grévistes, un boulevard lui sera ouvert pour démanteler la sécurité sociale, le dernier l'héritage du Conseil National de la Résistance si cher à Ambroize Croizat.

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