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Billet de blog 12 oct. 2022

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La grève des raffineurs et ses bienfaits sur notre environnement

La décroissance que les milieux écologistes appellent de leurs vœux ne viendra jamais de nous même mais des contraintes aléatoires que nous traversons. Le confinement décrété par l’exécutif en 2020 a fait reculer de façon spectaculaire les émissions de gaz à effet de serre. Le télétravail et la mise en chômage partiel de nombreux salariés a forcé notre économie à réduire sa voilure.

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La décroissance que les milieux écologistes appellent de leurs vœux ne viendra jamais de nous même mais des contraintes aléatoires que nous traversons. Le confinement décrété par l’exécutif en 2020 a fait reculer de façon spectaculaire les émissions de gaz à effet de serre. Le télétravail et la mise en chômage partiel de nombreux salariés a forcé notre économie à réduire sa voilure. La preuve était alors faire que réduire l’activité humaine destructrice est possible. 

La grève dans les raffineries nous donne encore aujourd’hui le même espoir bien qu’elle mette en difficultés bon nombre de salariés. La difficulté des stations à s’approvisionner en carburant empêche des millions de salariés d’aller travailler et donc de produire. La surconsommation de produits non indispensables à nos vies génère à elle seule le rejet de millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère et l’élément clé qui permet à ce circuit économique mortifère de tenir est bien le carburant. Sans carburant, pas de production et donc pas de produits qui arriveront au consommateur final. C’est donc un vrai repos pour nos poumons face à des véhicules dans l’impossibilité de prendre la route. On pourra toujours objecter que la grève pénalise prioritairement les précaires et les plus fragiles. Certes mais ce qui est vrai aussi, c’est que le transport routier représente endosse la plus grosse responsabilité et même culpabilité dans le rejet des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. 

Cette grève est donc une merveilleuse opportunité de démontrer que la décroissance est possible et qu’elle est même souhaitable dans l’intérêt de tous car la grève ralentit le processus de production et donc de destruction de notre planète mais en plus, il amène dans son sillage un progrès social mesurable par des hausses de salaires, une protection sociale et de meilleures conditions de travail. Dans cette grève, il n’y a pas d’otages, terme abondamment utilisé par les classes possédantes mais simplement des ouvriers d’un côté qui réclament une meilleures répartition du résultat de leur entreprise et de l’autre, une élite économique qui tente de criminaliser l’action syndicale via leurs relais médiatiques dans lesquels ils ont des tribunes et des temps d’antenne disproportionnés. C’est bien le patronat qui a le plus à perdre dans cette séquence sociale de haute intensité car sans salariés pour faire tourner la machine à profits, c’est le risque de voir bons nombre d’entreprises mettre la clé sous la porte. 

Le partage de la valeur est un sujet qui ne peut plus être remis à plus tard face à des groupes pétroliers qui engrangent des bénéfices records et qui distribuent en plus des dividendes alors que ce sont bien les travailleurs qui font tourner les raffineries. Cette grève est donc salutaire car la lutte remet au centre du jeu le rapport de force qui est la seule arme du travailleur pour arracher des améliorations de sa condition sociale. La réduction significative du trafic routier ces derniers jours est la conséquence logique de cette mobilisation exemplaire. Un salaire amputé de quelques jours non travaillés, des rayons qui peinent à se remplir ou une commande qui n’arrivera que quelques jours plus tard ne tueront personne. Par contre ils peuvent donner un sursis à notre planète si tous les peuples prenaient conscience que le problème de notre économie, c’est la croissance. 

La décroissance est la solution à préservation du vivant. Alors plutôt que d’aller chercher des points de croissance dans les entrailles de la terre, apprenons à vivre mieux avec moins. C’est peut-être là la clé de notre bonheur commun.

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