Le prix des carburants va augmenter au 1er janvier 2019 ce qui provoque une levée de bouclier dont l'expression va prendre forme le 17 novembre prochain. Qui conteste l'évidence d'une planète en pleine désintégration environnementale? Qui ignore que le réchauffement climatique est une réalité? Qui pour oser dire que le carburant ne pollue pas l'air et tue des millions d'hommes, de femmes et d'enfants en France et dans le monde? Personne!
Le problème est que la hausse du prix des carburants sous couvert de réchauffement climatique est une escroquerie intellectuelle monumentale un peu comme tout ce quinquennat qui fait les poches aux Français depuis que son top départ a été donné. Si la motivation première de l'augmentation du prix des carburants était réellement l'intégration de la problématique environnementale et climatique,
-pourquoi alors avoir refusé d'inscrire l'interdiction du glyphosate dans la loi en juillet dernier? -Pourquoi avoir cédé aux lobbies des chasseurs en divisant par deux le prix du permis de chasse alors que bon nombre d'espèces sont vitales pour la préservation d'un écosystème durable? -Pourquoi ne pas taxer le kérosène qui est responsable à lui seul de 3% des émissions de gaz à effet de serre? -Pourquoi autoriser Total a mener une campagne d'exploration pétrolière au large de la Guyane?
En réalité, l'écologie pour notre désormais monsieur Impopularité historique est le cadet de ses soucis et ça les Français l'ont bien compris. Mais si les gens sont prêts aujourd'hui à la désobéissance citoyenne devenue nécessaire dans un contexte de racket organisé et institutionnalisé, c'est parce que ce quinquennat est une imposture que le quinquennat suivant ne pourra pas réparer. Les APL diminuent, l'ISF disparaît, le CICE est prolongé, la CSG est augmentée et les acquis sociaux fondent comme neige au soleil.
Les Français auraient volontiers accepté une hausse des prix des carburants si cette hausse s'était inscrite dans la continuité d'une vraie politique soucieuse de l'impact environnemental de notre économie. Or il n'en est rien. Le Français est probablement l'un des citoyens du monde les plus convaincus de l'impérieuse nécessité d'une politique environnementale mais les prérequis pour que celle-ci puisse voir le jour sont d'oeuvrer dans le sens d'une justice sociale, de combattre l'évasion fiscale et d'arrêter de promouvoir ce modèle économique du tout croissance qui ruine les dernières ressources planétaires dont nous disposons. Une fois ces prérequis atteints, le Français acceptera avec grand plaisir de payer plus cher son carburant à la pompe.
Mais en attendant, le citoyen français est vu comme une vache à lait que les pouvoirs publics croient pouvoir traire à l'envie malgré toutes les agressions financières et sociales qui lui sont faites depuis maintenant un an et demi. Le 17 novembre sera peut-être le point d'inflexion qui permettra de rendre le reste de ce mandat présidentiel supportable.