Avenir Lycéen : une affaire de jeunes déjà corrompus par l'argent

Nous avons coutume de dire que l'avenir d'un monde meilleur est entre les mains de la jeunesse. Disons plutôt que c'est un espoir plus qu'une réalité.

Nous avons coutume de dire que l'avenir d'un monde meilleur est entre les mains de la jeunesse. Disons plutôt que c'est un espoir plus qu'une réalité.

L'enquête menée par Antton Rouget sur le syndicat Avenir Lycéen jette une lumière crue sur les agissements de son équipe dirigeante. Équipements high-tech dernier cri, restaurants et hôtels étoilés pour se restaurer et y conduire des supposées réunions, retraits d'espèces à des heures très tardives. L'enquête montre que les lycéens à la tête du syndicat incriminé ont un rapport à l'argent public très semblable à leurs pairs en politique. Ils nous font d'ailleurs furieusement penser à cette caste politico-mediatique qui brille plus par la corruption et des affaires d'enrichissement personnel que par l'exemplarité. Le scénario est ici le même sauf que les accusés sont beaucoup plus jeunes nous démontrant que la probité n'est donc pas une affaire d'âge.

Les deniers publics ont vocation à servir l'intérêt commun. Certes, une évidence mais pas pour ces étudiants qui prétendent porter l'espoir de toute une génération en faveur d'un monde socialement plus juste. Ceux-ci se retrouve en effet à dépenser sans compter l'argent du contribuable. Nous avons donc à faire à des jeunes qui prennent le chemin de la voyoucratie politique. Les faits rapportés par Mediapart donnent la nausée tant l'idéal que nous nourrissons pour cette jeunesse est aux antipodes de ce que nous découvrons dans cette enquête. Qui peut-il avoir encore envie de payer des impôts après ces révélations? On savait le personnel politique corrompu, quand ce n'est pas par l'argent, c'est par les idées. Cette poignée de jeunes individus est peut-être corrompue par les deux.

Avenir Lycéen a du souci à se faire pour les prochaines élections étudiantes car même avec un robinet ouvert de subventions publiques, c'est le vote des lycéens qu'il faudra aller chercher. Or savoir que les dirigeants d'un syndicat étudiant sont déjà précoces en matière de detournements de fonds publics est plutôt préoccupant. Tout comme le ministère de l'Education Nationale qui donne des fonds sans effectuer les contrôles pour vérifier la conformité des dépenses engagées. Il y a donc bien toute une chaîne de responsabilité dans ce scandale financier (un de plus) qui est devenu à notre époque, il faut le reconnaître, monnaie courante.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.