La RATP acceptera-t-elle de payer cette prime de fin d'année voulue par l'exécutif?

Parmi les mesures proposées par le président de la République pour apaiser le malaise social qui saisit le pays, il y a la prime pouvant aller jusqu'à 1000 euros payée par les employeurs et exonérée de toutes charges.

Parmi les mesures proposées par le président de la République pour apaiser le malaise social qui saisit le pays, il y a la prime pouvant aller jusqu'à 1000 euros payée par les employeurs et exonérée de toutes charges.

Reste à savoir si les entreprises pourront pour certaines ou voudront pour d'autres se plier à ce qui ressemble bien à une vive exhortation. Cette prime repose sur le simple volontariat et ne s'accompagne donc d'aucune injonction présidentielle. Dans une telle situation, il paraît logique alors que les entreprises publiques ou dont l'activité revêt un caractère public donnent l'exemple pour entraîner dans son sillage tout le tissus économique du pays vu les très fortes turbulences sociales et institutionnelles qui ont secoué le pays ces dernières semaines. La tempête n'étant vraisemblablement pas encore finie à en croire les prises de parole des gilets jaunes face caméras.

La Régie Autonome des Transports Parisiens présidée par Catherine Guillouard serait en tout cas bien avisée de suivre la recommandation présidentielle. Les tensions sociales sont récurrentes au sein de cette entreprise. Les syndicats interpellent la direction de la RATP depuis plusieurs années maintenant sur des hausses de salaires devenues vitales puisque l'inflation gagne du terrain et a même bondi de 2,3% la dernière année, un record depuis 2008. Ajoutons également que l'entreprise a réalisé un bénéfice net de 339 millions d'euros pour la seule année passée (2017), soit une hausse de 98% (Source Figaro). Des chiffres qui rendent financièrement possible le décaissement d'une telle prime pour ces "petites mains" en manque de reconnaissance qui sont pourtant en première ligne.  Cette prime, loin d'être un gadget politique, est une mesure indispendable pour les agents RATP alors que beaucoup d'entre eux s'identifient à ce mouvement inédit des gilets jaunes.

Le parcours chaotique (un de plus) de ce dialogue social manqué par Emmanuel Macron depuis la naissance de ce mouvement peut donc au moins présenter la vertu de servir d'exemple. L'exemple du chemin à ne surtout pas emprunter pour répondre aux attentes sociales et salariales légitimes des agents de l'entreprise de transport au logo vert. L'avenir nous dira si la direction saura tirer tous les enseignements de ce mouvement qui n'a peut-être pas encore dit son dernier mot.

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