Les policiers et gendarmes seront exemptés de l'obligation vaccinale

L'allocution du président n'a même pas vingt-quatre heures qu'elle connaît déjà sa première distorsion. Les policiers et les gendarmes ne seront pas assujettis à l'obligation vaccinale voulue par Emmanuel Macron.

L'allocution du président n'a même pas vingt-quatre heures qu'elle connaît déjà sa première distorsion. Les policiers et les gendarmes ne seront pas assujettis à l'obligation vaccinale voulue par Emmanuel Macron.

Pourtant, le président a explicitement évoqué cette contrainte pour tous les métiers en contact avec du public. Quel métier plus en contact avec le public que les fonctionnaires de police et la gendarmerie? Etrange exception.
Pas si étrange que cela en réalité. Le quinquennat d'Emmanuel Macron n'a pu tenir sur la durée et tiendra vraisemblablement jusqu'en 2022 uniquement grâce (ou à cause de) à la force publique. Une force dont la légitimité est de plus en plus contestée. Alors que les soignants ont fait l'objet d'une exécution sociale en règle hier devant toute la France, on apprend aujourd'hui que les fonctionnaires de police et les gendarmes, pourtant tout aussi exposés que les pompiers par exemple au virus et son redouté variant indien, seront exemptés de l'injonction présidentielle lancée à plusieurs corps de métiers.

Les policiers et plus spécifiquement les policiers de terrain présentent objectivement un surrisque d'exposition notamment en raison des techniques d'interpellation qu'ils utilisent pour immobiliser des délinquants ou des individus récalcitrants. Les policiers ont donc parfaitement compris qu'ils avaient une carte à jouer durant ce quinquennat et là encore, ils nous montrent que leurs désideratas sont des ordres pour l'Élysée abritant un président qui doit sa survie politique aux matraques, aux flashballs et à toutes ces armes censées dissuader la révolte populaire. Il y a donc bien une exception policière en France et cette exemption le prouve amplement. Car laisser le libre choix à une profession exposée à l'épidémie de décider en son âme et conscience de se faire vacciner mais priver d'autres métiers de cette même liberté de choisir relève d'une discrimination sanitaire manifeste et l'opinion publique saura bien évidemment analyser ce geste fait aux policiers comme un échange de bons procédés.

Des procédés dont Emmanuel Macron a encore besoin bien sûr d'où cette bienveillance présidentielle à l'égard d'une institution qui s'éloigne inexorablement de sa mission première, à savoir d'assurer la sécurité des Français.

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