Un machiniste RATP tente de se suicider sur son lieu de travail

La Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP) a fait savoir à ses agents qu'un de leur collègue a tenté de mettre fin à ses jours sur son lieu de travail au centre bus des Lilas. Celui-ci a été pris en charge par un collègue qui a prévenu les secours à temps. Il a été transporté à l'hôpital. Ses jours ne sont pas en danger.

La Régie Autonome des Transports Parisiens (RATP) a fait savoir à ses agents qu'un de leur collègue a tenté de mettre fin à ses jours sur son lieu de travail au centre bus des Lilas. Celui-ci a été pris en charge par un collègue qui a prévenu les secours à temps. Il a été transporté à l'hôpital. Ses jours ne sont pas en danger. C'est en substance le communiqué laconique auquel ont eu droit les machinistes de la RATP suite à ce grave incident.

Y-a-t-il eu un échange avec l'encadrement préalablement à cet acte? Était-il sous le coup d'une mesure disciplinaire? Par quel moyen a-t-il tenté de se donner la mort? Des questions sans réponse et une tentative de suicide qui interpelle et met un peu plus à mal le management de l'entreprise publique décrié depuis des années par les principaux syndicats (CGT, FO et SUD). La pression, les cadences effrénées imposées aux agents, les conseils disciplinaires devenus la règle, la course aux kilomètres exigés par le Syndicat des Transports d'Ile-de-France, la concurrence prévue pour 2024 qui assombrit les perspectives d'avenir des agents, la hausse significative des agressions et incivilités sur ligne (24% en un an) et un dialogue social en panne participent d'un climat délétère qui plombe le moral des agents.

Cette tentative de suicide risque donc bien d'être lue par le prisme de tous ces indicateurs passés au rouge vif et dont les premières victimes sont bien les machinistes. La Brigade de Surveillance du Personnel qui opère dans l'anonymat et mandatée par l'entreprise pour surveiller et repérer les moindres manquements des machinistes n'arrange rien et a créé un sentiment de paranoïa généralisé. Feu orange, non respect des distances de sécurité, freinage brusque, oublie d'un bonjour suffisent à declencher un rapport d'information à charge contre l'agent surveillé et peut ainsi déboucher sur une mesure disciplinaire qui le rapproche un peu plus de la porte de sortie. Autant d'éléments qui rappellent les premisses du scénario de France Telecom que les agents redoutent au plus haut point.

L'avenir avec comme préalable une concurrence qui prend le chemin de la loi de la jungle ne laisse donc que peu de place à l'optimisme dans un environnement où le profit est roi au mépris des valeurs et de l'éthique.

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