Alexandre Benalla et Christophe Dettinger : deux destins qui ne se croiseront jamais

Christophe Dettinger et Alexandre Benalla, deux destins qui auraient du se croiser dans une maison d'arrêt mais c'est sans compter sur une démocratie diluée dans un verre de compromissions et de dévoiements.

Christophe Dettinger et Alexandre Benalla, deux destins qui auraient du se croiser dans une maison d'arrêt mais c'est sans compter sur une démocratie diluée dans un verre de compromissions et de dévoiements.

Qui peut encore croire que la justice en France est indépendante et impartiale? La dictature est bien En Marche au pays de Montesquieu, un des précurseurs intellectuels de la séparation des pouvoirs. Un concept de plus en plus abstrait au pays des Lumières où chacun voit avec une parfaite lucidité que nous ne sommes pas égaux devant la loi. Christophe Dettinger a été condamné à un an de prison pour les coups portés au CRS lors de l'acte XII. Une sévérité qui colle mal avec la nonchalance des juges pour régler le cas Benalla alors que ce dernier a violé son contrôle judiciaire et se trouve toujours sous le coup de sept mises en examen.

La justice est rendue "au nom du peuple français". Ça donnerait presque à sourire s'il n'y avait pas toute une famille derrière cet homme que la justice a clairement voulu ériger en exemple. Plus qu'un exemple, on peut désormais parler d'un martyre judicaire qui aura au moins le mérite de montrer au grand jour que la justice française n'est plus la justice mais bien un moyen d'intimider, de museler et de contrôler les opposants politiques.
Que le président se garde dans ce cas de prodiguer des leçons de vertus démocratiques à des dictatures quand sa police mutile et sa justice condamne pour une pécadille.

Qu'Alexandre Benalla s'amuse au Maroc, au Tchad, qu'il fréquente les plus grandes canailles sur terre où qu'il planque son argent dans des paradis fiscaux, la justice s'en contrefiche totalement et le commun des mortels n'aura qu'à se taire et éviter les manifestations du week-end car il risque désormais d'être incarcéré préventivement grâce à la loi dite "loi anti-casseurs" faite dans un coin de table pour mieux mater cette rébellion tenace.

Honte à nos juges et à l'institution qu'ils représentent...ou qu'ils ne représentent plus.

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