L'Inspection Générale de la Police Nationale mieux connue sous le sigle IGPN est pour beaucoup dans la dégradation des relations entre la police et la population.
Celle-ci s'est transformée en véritable machine à blanchir les exactions policières au vu et au su de tous. Une stratégie totalement irréfléchie quand on sait la place qu'ont pris les réseaux sociaux et leur gigantesque potentiel de diffusion. L'IGPN, il y a quelques années produisait encore ce travail d'investigation pour veiller à la bonne ou au moins à la partielle application de la doctrine sécuritaire alors que les moyens de filmer, de diffuser et d'identifier étaient encore très limités. Et c'est à l'ère des smartphones accessibles à tous, des abonnements internets gratuits et aux applications et plateformes de diffusion en tout genre que le pouvoir politique a donc décidé de faire de cette institution une fabrique à innoncenter les fonctionnaires de police mis en cause pour des faits de violences.
Pire qu'une erreur d'appréciation, cette stratégie est un vrai suicide collectif car les violences perpétrées par la police et le rascisme qui la gangrène sont une evidence qu'on ne peut plus contester mais aussi parce que les classements sans suite de tous les signalements faits auprès de l'IGPN jettent le discrédit sur cet organe de contrôle qui démontre jour après jour son allégeance à une élite politique dont le seul but est de se maintenir aux affaires du pays. L'IGPN n'est donc plus qualifiée pour jouer le rôle de garde-fou vis-à-vis d'une corporation qui est mandatée par le pouvoir politique pour réprimer toute velléité, contestation populaire et mouvements sociaux.
Cette instance (IGPN) doit donc disparaître pour laisser place à un autre organe avec des moyens coercitifs réels et pas seulement réduits à un simple rôle décoratif comme c'est le cas par exemple du Défenseur des Droits dont les signalements ont tous fini dans les limbes de l'oublie. Voilà pourquoi plus personne ne fait confiance à la police, ni aux hommes et femmes qui la font vivre.
Leur métier reste pourtant objectivement extrêmement pénible et dangereux, caractéristiques censées garantir la bienveillance et la compassion de toute la population vis-à-vis d'elle mais l'impunité sans limite dont elle bénéficie a irréversiblement abîmé l'image de la police.
Ce que la police croit être un bienfait est en définitive un véritable cadeau empoisonné car cette impunité qui permet à ces hommes et femmes assermentés de travailler en dehors des règles déontologiques élémentaires donne lieu finalement à une détestation de cette police. Un sentiment devenu tenace et les morts causés par les interpellations violentes qui restent sans reponse judiciaire et donc sans possibilité de deuil pour les familles aggravent ce climat de défiance.
Alors saisir l'IGPN en remplissant dûment les formulaires mis à disposition des citoyens n'a plus grand intérêt puisque ces derniers sont condamnés à rester des signalements et rien de plus...
Billet de blog 14 juin 2020
Quand l'IGPN devient une machine à blanchir les policiers responsables de violences
L'Inspection Générale de la Police Nationale mieux connue sous le sigle IGPN est pour beaucoup dans la dégradation des relations entre la police et la population.
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