Statut des cheminots SNCF supprimé mais des prix qui explosent. L'arnaque du siècle

Les usagers qui criaient haro sur des cheminots ont été très déçus de voir que la suppression de leur statut n'a strictement rien changé à la tarification pratiquée par la SNCF.

Les usagers qui criaient haro sur des cheminots ont été très déçus de voir que la suppression de leur statut n'a strictement rien changé à la tarification pratiquée par la SNCF. La société nationale ferroviaire a donné le coup d'envoie des ventes le 11 octobre dernier. L'affichage des prix a fait bondir les clients qui n'ont pas manqué de faire savoir leur vif mécontentement. Un aller-simple Paris-Marseille coûte 116 euros.

Un joli pactole pour l'entreprise publique qui justifie des prix aussi prohibitifs par la forte demande pendant cette période hivernale. Rappelons que la SNCF ne recrutera plus sous statut à partir du 1er janvier 2019 et les usagers craignent que ce gain réalisé ne fasse pas baisser les prix, l'argument massue utilisé à l'envie par le gouvernement pour rallier l'opinion publique à cette mesure fustigée par les syndicats de cheminots. Le dindon de la farce semble donc tout désigné : le client qui à force de jalouser son voisin finit par détériorer les acquis de tous notamment les siens.

Ouigo, la filiale à bas prix de la SNCF créée dans le but affiché de proposer une offre tarifaire plus accessible ne serait donc qu'un mirage pour détricoter plus facilement un statut dont la seule vocation était de compenser la pénibilité du travail des cheminots. Horaires décalés, travail dimanche et jours fériés, travail de nuit, amplitudes, repos pris en dehors de leur domicile et l'exigence d'une vigilance à toute épreuve. Voilà ce que les cheminots endurent au quotidien et ce, bientôt sans statut mais avec selon la nouvelle formule cocasse, un "sac à dos social". Appelons ça plutôt un kit de survie qui en plus de ne plus pouvoir répondre aux attentes sociales d'une corporation à bout de souffle, ne profitera même pas aux usagers que le gouvernement a comparé à des otages pendant la grève des cheminots.

Un merveilleux exemple de manipulation politique qui, une fois encore, démontre que la France a tout à perdre lorsqu'elle est divisée face au gouvernement.

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