Chômeurs, préparez-vous au pire dès le 1er juillet

Les allocations chômage du mois de juillet vont faire mal, très mal aux privés d'emploi et pour cause, la dernière réforme de l'assurance-chômage pilotée par Élisabeth Borne prévoit de réduire drastiquement l'indemnisation des allocataires.

Les allocations chômage du mois de juillet vont faire mal, très mal aux privés d'emploi et pour cause, la dernière réforme de l'assurance-chômage pilotée par Élisabeth Borne prévoit de réduire drastiquement l'indemnisation des allocataires.

Les périodes d'inactivité, de chômage partiel, de maladie et de congés maternité vont leur être facturés très cher s'ils perdent leur emploi dans les prochaines mois. C'est incontestablement un excellemment moyen pour dissuader les salariés de demander à être placés en chômage partiel ou de passer trop de temps avec son nouveau né car les perspectives d'emploi et de croissance sont sombres et les craintes que nourissent les acteurs économiques sont réelles. Cette réforme de l'assurance-chômage devient donc en quelque sorte un instrument de précarisation des chômeurs au lieu d'être le moyen de les soutenir dans une passe difficile. On change définitivement de paradigme car le chômage partiel étant financé en grande partie par l'Etat, il anticipe un chômage qui explose à la sortie de la crise sanitaire et pour réduire les dépenses aux plus fragiles, rien de mieux qu'une réforme pour exclure les contrats courts et intégrer toutes les périodes même les moins fastes pour baisser le montant des indemnités journalières.

Les chômeurs vont devoir dans un tel contexte s'accrocher car si le confinement accompagné d'une baisse de salaires avec des répercussions immédiates sur le pouvoir d'achat a été difficile, l'après covid, lui, risque d'être bien plus douloureux. L'extrême pauvreté va exploser et toutes les associations et instituts spécialisés sur le sujet ont déjà lancé l'alerte. Les images d'hommes et de femmes fouillant dans les ordures ainsi que la mendicité vont se développer à une vitesse inquiétante au sein de la cinquième puissance mondiale. En plus, cela créera un sentiment de culpabilité des chômeurs qui verront leurs indemnités rabotées. On parle d'indemnités qui vont à peine atteindre 656 euros voire même 437 euros pour des salariés qui étaient au SMIC. Ça s'apparente à une véritable descente aux enfers pour des centaines de milliers de personnes avec son cortège de drames sociaux qui seront la conséquence de cette détresse financière.

Élisabeth Borne disait qu'il était mieux de baisser les indemnités mais de les maintenir plus longtemps. Mais vivre avec moins que le SMIC permet-il de tenir plus longtemps comme semble le dire la Ministre? Quand on perçoit un salaire qui dépasse allègrement plus de 10000 euros nets par mois, difficile en effet de comprendre ce qu'est de vivre en dessous du seuil de pauvreté. Mais les futurs chômeurs eux vont le savoir très bientôt...

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