La semaine qui arrive s'annonce particulièrement difficile dans les transports. Le discours d'Édouard Philippe a radicalisé les salariés de la RATP et de la SNCF à tel point que même les non grevistes ont décidé de rejoindre le mouvement dès lundi 16 décembre. La journée du mardi 17 décembre sera quant à elle une journée noire.
Les cadres qui se sont portés volontaires pour conduire le rer et le train auront intérêt à être bien réveillés aux commandes de leur nouveau joujou car les stations seront tout simplement prises d'assaut et qu'on se le dise, il n'y aura pas de places pour tout le monde. Les vidéos montrant des mouvements de foule impressionnants aux abords des portes d'entrée des RER nous feraient presque oublier que ces scènes se déroulent en France. Et ces scènes de fin du monde dans les transports vont encore s'amplifier au grand dam des commerçants qui vont devoir pour bon nombre d'entre eux mettre la clé sous la porte.
Le bras de fer opposant les agents RATP - SNCF et le gouvernement entre dans une phase de durcissement et pas sûr que ce dernier ait les reins suffisamment solides pour faire face à une pareille détermination des conducteurs grévistes. Les conditions de travail des non grévistes se sont considérablement dégradées depuis le 5 décembre d'où la ralliement de nombreux conducteurs au mouvement social dont l'ampleur va incontestablement faire vaciller le gouvernement mardi prochain.
Quant à la requête de Jean-Pierre Farandou, le PDG de la SNCF, de "réfléchir à une trêve" le temps des fêtes de fin d'année ne fait illustrer le basculement du rapport de force engagé depuis le 5 décembre. La perspective de fêtes sans transport se précise et fait vraisemblablement paniquer les instances dirigeantes des deux entreprises publiques de transport. Les pertes se comptent par centaines de millions d'euros et l'image de marque de la RATP -SNCF est sérieusement écornée. Ne reste plus qu'à attendre quand le gouvernement va céder car le calvaire quotidien des usagers dans les transports met l'exécutif sous une pression de plus en plus forte.
La digue libérale est peut-être en train de s'effondrer pour laisser place à l'espoir d'une politique véritablement au service du bien commun et dans l'intérêt de tous.