Derrière les mots euphémisants, les chiffres du conflit israélo-palestinien

Déjà plus de 145 morts côté palestinien dont 40 enfants et 10 morts côté israélien. Un bilan lourd mais prévisible quand on sait les méthodes militaires aveugles utilisées par Tsahal.

Déjà plus de 145 morts côté palestinien dont 40 enfants et 10 morts côté israélien. Un bilan lourd mais prévisible quand on sait les méthodes militaires aveugles utilisées par Tsahal.

Pas de concurrence victimaire diront les tenants de la bien-pensance en essayant en vain de faire croire qu'il s'agit d'une guerre. C'est en réalité un massacre au vu et au su de tous avec un ratio qui dément formellement et objectivement la supposée symétrie entre les moyens déployés par Israël et le Hamas. Les chiffres macabres du nombre de morts nous amène à une conclusion sans appel! Pour un mort israélien, Israël tue 14 palestiniens. Une statistique macabre certes mais importante à relever quand on compare ces chiffres aux déclarations officielles exhortant Israël à faire un "usage proportionné de la force". Peut-on parler d'un usage proportionné de la force quand le ratio des victimes israéliennes et palestiennes est de 1 pour 14?

Le mot guerre n'est donc évidemment pas adapté à la situation opposant les groupes armés palestiniens et l'armée israélienne et ne l'a d'ailleurs jamais été. L'armée israélienne est l'une des armées les mieux équipées au monde face à des combattants ne disposant que d'armes artisanales. Israël est doté d'un système de défense aérienne mobile mieux connu sous le nom de Dôme de fer lorsque les groupes armés palestiniens tous réunis ne peuvent même pas constituer un régiment. Voilà ce que les habitués des plateaux de télévision appellent une guerre. Mais les chiffres eux nous mettent face à une réalité implacable. Celle d'une longue et douloureuse oppression qui ressemble à un long tunnel sans fin car les élites politiques ont décidé de prendre fait et cause pour l'Etat hébreux.

On peut citer egalement l'AFP qui a titré le 12 mai "pluie mortelle de roquettes sur Tel-Aviv, frappes musclées d'Israël sur Gaza". Là encore, la manipulation intellectuelle bat son plein car lire "pluie mortelle de missiles" ferait croire à une hécatombe de morts israéliens. Or leur nombre s'élève à 10 ce qui est élevé sans aucun doute mais certainement pas comparable aux frappes israéliennes qui font plus de 145 morts en moins de 10 jours . Peut-on alors réellement parler de "frappes musclées"? C'est donc bien un traitement journalistique et sémantique partial et partisan qui est fait de cette colonisation sanguinaire.

L'époque contemporaine est tout aussi injuste que les précédentes et montre surtout l'incapacité des gouvernants actuels à tirer les enseignements du passé pour construire l'avenir. Car quand on donne son accord à ce qu'il faut bien appeler un nettoyage ethnique, on ne peut se targuer d'être le défenseur d'un humanisme universel devant un pupitre face caméras.

Les mots euphémisants ne parviendront pas à cacher ces images de dizaine d'enfants brûlés par des bombes au phosphore, ces images de femmes dont les funérailles ont fait sombrer dans le malheur tant de familles car elles ont commis le crime de revendiquer leur droit à vivre sur leurs terres.

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