Wael MEJRISSI
Abonné·e de Mediapart

450 Billets

0 Édition

Billet de blog 16 août 2018

Le glyphosate, seule alternative pour répondre au défi de la faim dans le monde?

Après mon billet du 11 août où j'exprimais mon immense satisfaction de voir Monsanto être condamné à payer 289 millions de dollars à un jardinier américain atteint d'un cancer, ma réflexion m'a conduit à prendre le problème du glyphosate par un autre bout.

Wael MEJRISSI
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Après mon billet du 11 août où j'exprimais mon immense satisfaction de voir Monsanto être condamné à payer 289 millions de dollars à un jardinier américain atteint d'un cancer, ma réflexion m'a conduit à prendre le problème du glyphosate par un autre bout. Personne ne peut nier le caractère dangereux d'un tel produit sur l'organisme mais si nous faisons le raisonnement inverse, les pesticides tant décriés par les scientifiques et une partie de l'échiquier politique ne sont-ils pas la seule solution dont nous disposons aujourd'hui pour produire les denrées alimentaires en quantité suffisante?

Rappelons que la population mondiale se chiffre à 7,55 milliards d'individus. Autant d'hommes et de femmes à nourrir avec une agriculture biologique et respectueuse de l'environnement est impossible et chacun le sait. Les pesticides sauvent chaque année au moins 40% des récoltes agricoles des insectes ravageurs, des mauvaises herbes et des vers parasites. Ainsi assurer la couverture alimentaire mondiale avec quasiment moitié moins de récoltes devient tout simplement un voeu pieux. Les pesticides comportent certes des substances hautement néfastes pour notre organisme et en particulier pour les professionnels agricoles qui y sont directement exposés. Mais elles permettent indiscutablement d'accroître les quantités de récoltes nécessaires au besoin alimentaire mondial.

Nous sommes donc pris entre le marteau et l'enclume et la problématique va devenir encore plus aiguë les années à venir avec une progression démographique ininterrompue depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Alors je pose la question : le glyphosate et les autres pesticides agricoles ne rendent-ils pas service à l'humanité face au manque de solutions alternatives pour régler le problème de la faim dans le monde? La question mérite d'être posée même si ce n'est pas politiquement correct et sans faire du malthusianisme basique, je rappelle que la population africaine devrait doubler d'ici à 2050 d'après l'étude biennale de l'Institut National des Études Démographiques tandis que la croissance mondiale, elle, devient poussive (3,8 en 2018 et 3,9% en 2019 d'après l'OCDE).

Alors face à un defi planétaire majeur, ne devrions-nous pas d'abord trouver des solutions, inexistantes à ce jour, d'une agriculture biologique pour tous avant de brûler ce qui nous permet aujourd'hui, qu'on le veuille ou non, de manger à notre faim? A vous de juger.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
À LR, des alertes jamais vraiment prises au sérieux
L’affaire Damien Abad concerne d’abord la majorité d’Emmanuel Macron qui l’a promu ministre. Mais elle interpelle aussi son ancien parti, Les Républicains, alors que plusieurs élus affirment avoir été alertés de longue date.
par Lénaïg Bredoux et Ilyes Ramdani
Journal — Politique
Le « parachutage », révélateur des dilemmes de la représentation
Les élections législatives fourmillent de cas de « parachutages ». Volontiers dénoncés, sont-ils si choquants ? La pratique, parfois assumée, n’a pas toujours été mal vue par le passé. Si elle reste sulfureuse, c’est à cause des failles de la représentation dont elle est le symptôme. 
par Fabien Escalona et Ilyes Ramdani
Journal — International
Au Pakistan, la température frôle les 50 °C et accable les plus pauvres
Classé en 8e position parmi les pays les plus à risques face au changement climatique, le Pakistan vient de subir une vague de chaleur quasi inédite. D’Islamabad à Karachi, des millions de personnes ont fait leur possible pour assurer le quotidien dans des conditions extrêmement difficiles.
par Marc Tamat
Journal — Écologie
Planification écologique : un gouvernement à trous
Emmanuel Macron avait promis, pendant l’entre-deux-tours, un grand tournant écologique. Si une première ministre a été nommée pour mettre en œuvre une « planification écologique et énergétique », le nouvel organigramme fait apparaître de gros trous et quelques pedigrees étonnants.
par Mickaël Correia, Jade Lindgaard et Amélie Poinssot

La sélection du Club

Billet de blog
L’Âge de pierre, de terre ou de raison ?
Le monde du BTP doit se réinventer d’urgence. Les récents événements internationaux ont révélé une nouvelle fois son inadaptation face aux crises de l’énergie et des matières premières. Construire avec des matériaux locaux et peu énergivores devient une évidence de plus en plus difficile à ignorer pour ce secteur si peu enclin au changement.
par Les Grands Moyens
Billet de blog
L'espace public, un concept « vide » ?
Comme le souligne Thierry Paquot dès l’introduction de son ouvrage, « l’espace public est un singulier dont le pluriel – les espaces publics – ne lui correspond pas. » Alors que le premier désigne grossièrement la scène du débat politique, les seconds renvoient à une multiplicité de lieux (rues, places, jardins, etc.) accessibles à tous et la plupart du temps relevant d’une propriété collective.
par Samuel PELRAS
Billet de blog
Habiter
Les humains ne sont pas les seuls à « habiter » : pour les animaux aussi, c'est une préoccupation. Sous la pression économique, les humains n'abandonneraient-ils pas la nécessité d'«habiter » pour se résigner à « loger » ?
par Virginie Lou-Nony
Billet de blog
Raphaël Boutin Kuhlmann : « Les coopératives locales portent l'intérêt général »
Parti s’installer dans la Drôme en 2016, où il a fondé la coopérative foncière « Villages Vivants », Raphaël Boutin Kuhlmann est devenu une figure des nouvelles manières de faire territoire. Dans cet entretien, il revient sur la nécessité de penser autrement l’intérêt général et sur les espoirs qu’il place, face aux crises contemporaines, dans l’innovation et le lien dans les villages.
par Archipel des Alizées