Emmanuel Macron a ruiné la fonction présidentielle

Qui apprécie encore Emmanuel Macron? Qui fait encore confiance notre président? Qui souhaite le voir finir son mandat? Les études d'opinion sont à mille lieux de retranscrire le rejet massif et inédit du président de la république.

Qui apprécie encore Emmanuel Macron? Qui fait encore confiance à notre président? Qui souhaite le voir finir son mandat? Les études d'opinion sont à mille lieux de retranscrire le rejet massif et inédit du président de la république.

Le suffrage universel qui unissait encore le peuple au président a définitivement disparu pour ne laisser place qu'à une défiance et une haine contre un homme qui, qu'on le veuille ou non, restera comme l'artisan de cette défaite sanitaire historique. Sans stratégie aucune sinon celle de choyer le capital, Emmanuel Macron concentre à lui seul tous les griefs liés à une situation sanitaire, sociale et économique désastreuse. Chirac, Sarkozy et Hollande n'ont cessé l'un après l'autre de creuser cette impopularité présidentielle. François Hollande avait atteint les bas-fonds de cette détestation avec seulement 13% d'opinions favorables à la fin de son quinquennat et on découvre aujourd'hui qu'on peut encore creuser dans les très-fonds de la médiocrité politique en la personne d'Emmanuel Macron.

Les petites phrases meskines, assassines et qui en disent tellement du personnage suffisaient déjà à cristalliser une haine de cette gouvernance par le verbe agressif et méprisant. Mais cette crise que nous traversons a fini d'abîmer de façon irréversible l'image et la crédibilité de notre éminent énarque. Comment respecter celui qui, jour après jour, est désigné faits à l'appuie, comme le principal responsable de cette catastrophe historique? Il y a certes la mise à sac de l'hôpital public qui explique en grande partie ces pertes humaines par milliers. Cet "argent magique" que le président n'a jamais jugé bon d'investir dans l'hôpital pour faire face à une crise sanitaire d'ampleur comme le recommandaient pourtant plusieurs rapports qui ont tous fini aux archives. Cette précarité rampante et les inégalités qu'elle engendre dans notre société seront aussi à mettre sur l'ardoise à régler une fois cette crise derrière nous.

Les instituts de sondage pourront toujours créditer artificiellement Emmanuel Macron de 25 à 30% d'opinions favorables grâce à des enquêtes intentionnellement biaisées pour tenter de tromper l'opinion publique. Mais la réalité est que ces sondages, comme ces commentateurs de salon s'arrogeant le droit de parler au nom d'une certaine France ne parviennent plus à cacher ce gouffre béant qui sépare le pouvoir de tous ces derniers de cordée.

Ces derniers de cordée qui sont aujourd'hui les premiers de corvée grâce à qui la France a pu ne pas sombrer dans l'abîme mais qui envisagent bien de reprendre cette démocratie qu'on leur a confisquée depuis bien trop longtemps.

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