Suicides dans les prisons : une idée pas bête pour endiguer le phénomène

Les suicides continuent de faire des ravages dans les prisons françaises. Le manque de crédits pour réhabiliter et construire des établissements pénitentiaires ne suffit pas à expliquer un tel passage à l'acte.

Les suicides continuent de faire des ravages dans les prisons françaises. Le manque de crédits pour réhabiliter et construire des établissements pénitentiaires ne suffit pas à expliquer un tel passage à l'acte. La promiscuité, les traitements indignes, l'humidité des lieux sont autant d'éléments qui rendent la vie compliquée à l'intérieur des prisons mais nous oubions trop souvent que ces condamnés même après avoir purgé leur peine, sont toujours ostracisés par la société.

L'inscription de la condamnation judiciaire au bulletin numero 3 rend l'intégration d'un ancien détenu très difficile voire impossible. Cet aspect du problème est insuffisamment pris en compte dans l'appréhension de ce phénomène carcéral. L'absence de perspectives après leur détention alors qu'ils ont payé leur dette vis-à-vis de la société créé psychologiquement une deuxième peine à purger ce qui constitue une barrière infranchissable pour s'émanciper et s'intégrer socialement. La fonction publique, les banques, métiers du transports, de l'enfance, de la santé, de la sécurité, en aéroport. Bref la porte de la prison s'ouvre mais de nombreuses portes restent fermées pour celui qui a fait un passage en prison. Les meurtriers et criminels sexuels doivent évidemment faire l'objet d'une inscription de leur condamnation dans leur bulletin judiciaire car le risque de récidive est élevé.

On pourrait néanmoins envisager, pour peu qu'on ait un peu de courage politique, de supprimer l'inscription de délits de moindre gravité ce qui ouvrirait des perspectives et redonnerait espoir en l'avenir à bien des détenus. Et si une telle mesure n'est pas possible, pourquoi ne pas rallonger la liste des secteurs fermés aux anciens détenus en y inscrivant la politique? CQFD

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