Instrumentalisation nauséabonde d'un acte barbare par le monde politique

Les charognards ont été de veillée hier soir. Ils ont tous dansés sur la tombe du professeur décapité. Disons que ce drame est une occasion inespérée pour les théoriciens de la haine de brandir encore une fois la menace d'un supposé islam politique.

Les charognards ont été de veillée hier soir. Ils ont tous dansés sur la tombe du professeur décapité. Disons que ce drame est une occasion inespérée pour les théoriciens de la haine de brandir encore une fois la menace d'un supposé islam politique.

Tous les savants du néant ont eu droit à un micro hier soir pour nous éclairer, c'est en tout cas ce qu'ils croient, sur les motivations et le diagnostic d'une barbarie appliquée à l'échelle nationale. Les coupables sont déjà tout désignés : l'islam et les musulmans. Les renifleurs de cadavres médiatiques sont aujourd'hui à espérer que de tels crimes se reproduisent encore et encore pour continuer à prêcher l'intolérance et surtout à entretenir cet amalgame bien ancré entre l'islam et les dérives d'une poignée d'individus qui invoquent cette même religion et ses préceptes pour légitimer leurs forfaits.

Les musulmans ne s'excuseront pas car ils n'ont pas à le faire. Ils ne sont coupables de rien dans ce crime. Plutôt que de jeter les musulmans à la vindicte populaire comme nos politiciens verreux ont pris l'habitude de le faire à chaque nouvel attentat, augmenter le personnel de surveillance des établissements scolaires aurait sans doute permis d'éviter de vivre la soirée d'hier. Peut-on d'ailleurs imaginer une prime de risque pour les enseignants après ce qui s'est passé?
Rassurez vous, la séquence émotion est déjà finie pour le président de la République qui a évoqué hier l'impérieuse nécessité de protéger la communauté éducative. On se demande bien comment. Pas avec des effectifs supplémentaires en tout cas. Le RN surfe aussi joyeusement sur cette vague d'indignation qui secoue notre pays. Il suffit de citer le tweet de Jordan Bardella "Français, REVEILLEZ VOUS" en réaction au crime d'hier.
Interprétez cette envolée lyrique comme bon vous semble mais chacun a bien compris que le message envoyé n'est pas celui de l'accalmie ni même du refus de l'amalgame.

La prudence doit donc être de mise face à ce carnaval de l'indignation mais entre un débat biaisé sur le séparatisme et des chaînes mainstream qui crient aux loups pour faire de l'audience, sombrer au fond du précipice raciste et xénophobe n'est plus une hypothèse mais plausiblement l'avenir qui attend les musulmans de France.

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