Les bombardements continuent à Gaza, la communauté internationale joue la montre

Difficile de parler d'une autre actualité pendant que les Palestiniens vivent toujours au rythme des bombardements israéliens. La vie de chacun d'entre nous ressemble à un long fleuve tranquille comparé à celle des enfants, des hommes et des femmes qui vivent en territoires occupés.

Difficile de parler d'une autre actualité pendant que les Palestiniens vivent toujours au rythme des bombardements israéliens. La vie de chacun d'entre nous ressemble à un long fleuve tranquille comparée à celle des enfants, des hommes et des femmes qui vivent en territoires occupés.

Les destructions continuent avec leurs cortèges d'horreur et de désolation sans qu'aucun homme ou femme d'envergure ne puisse imposer un arrêt des bombardements dont le caractère massivement meurtrier est aujourd'hui largement démontré. Emmanuel Macron, faisant mine de s'offusquer face à la destruction le samedi 15 mai du bâtiment abritant plusieurs organes de presse à Gaza a dit qu'il envisageait d'appeler Benyamin Netanyahou pour lui rappeler son attachement à la sécurité des journalistes et à la liberté d'informer...dans quelques jours seulement. C'est vrai que la situation n'est pas très urgente ni même pas très grave pour le président de la République française qui, en plus de défigurer le modèle social de son propre pays, ira même jusqu'à déshonorer de longues décennies de politique étrangère juste et équilibrée.

Emmanuel Macron répétera mécaniquement la formule laconique de Joe Biden disant qu'Israël a le droit de se défendre. Devant le peu d'empressement de la communauté internationale à se pencher sur le carnage qui se passe en ce moment même, la stratégie des soutiens indéfectibles d'Israël semble être de donner un blanc-seing à l'Etat hébreux pour qu'il cause un maximum de dommages matériels et humains. Ceci dans le but de ramener la Palestine à l'âge de pierre et de décimer encore une fois toute une génération qui ne renaîtra au pour tôt qu'après une nouvelle décennie. De quoi laisser Israël coloniser davantage sans aucune résistance face à lui. C'est la stratégie qui est adoptée depuis au mois 25 ans. À la moindre Intifidha, Israël détruit, tue en masse pour mettre à genoux le peuple palestinien laissant ainsi un répit aux partisans d'une ligne dure pour réaliser le rêve d'un Grand Israël.

Sauf que la ficelle est trop grosse et ne peut plus aujourd'hui cacher les vraies ambitions d'Israël avec la complicité de l'Occident qui affirme le droit des Palestiens à disposer d'un État sans jamais déployer le moindre effort pour arriver à cette fin. Emmanuel Macron nous offre de ce point de vue encore une autre facette de la France. Une facette hideuse qui soutient l'asservissement des peuples à l'image de son passé colonial dont elle ne pourra se défaire que lorsqu'elle aura apporté des gages de son engagement pour l'autodétermination des peuples.

Son silence face aux crime de masse perpétrés à Gaza, son implication avérée pour mettre le fils d'Idriss Deby à la tête du pouvoir au Tchad au mépris des aspirations démocratiques du peuple tchadien et les ventes d'armes aux despotes de ce monde pour mieux réprimer les révoltes populaires montrent que la France œuvre toujours à maintenir un rapport de dominant-dominé. Pas de quoi être fier dans un tel contexte d'être français.

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