Réformer l'assurance chômage ou réduire le nombre de chômeurs indemnisés?

Et ce qui devait arriver arriva. Les règles d'indemnisation des chômeurs vont bel et bien se durcir et c'est tout sauf une surprise.

Et ce qui devait arriver arriva. Les règles d'indemnisation des chômeurs vont bel et bien se durcir et c'est tout sauf une surprise. 

Le gouvernement table sur une économie de 4 milliards d'euros et il est bien déterminé à les trouver. Il faudra désormais travailler plus longtemps pour prétendre à l'indemnisation chômage. Les bénéficiaires de contrats courts et intérimaires seront forcément les premières victimes de cette mesure qui va précariser davantage les chômeurs et les pousser vers l'extrême pauvreté. 

En réalité, l'allongement de la durée d'activité nécessaire à l'indemnisation chômage va contraindre les chômeurs à accepter tous types d'emplois: précaires, pénibles et mal payés. Et il faut dire que des emplois précaires et mal payés, notre pays en regorge. Les livreurs Uber Eats, Deliveroo, plongeurs et serveurs des grandes chaînes de restaurants pourraient nous en parler pendant des heures. Des journées à rallonge, des horaires décalés, un rythme effréné et surtout des salaires ridiculement faibles qui font honte. Honte de voir ce que vaut le travail d'hommes et de femmes qui donnent tellement d'eux-mêmes pour être finalement payés au lance pierre. 

C'était le fameux "traverser la rue" d'Emmanuel Macron". Cette phrase qui a traversé nos frontières était finalement la déclinaison de la philosophie macroniste selon laquelle il y a urgence à résorber le chômage et pour y parvenir, il faut toucher au portefeuille des plus fragiles. Ceux-là mêmes qui, s'ils ne peuvent plus pousser la porte de Pôle Emploi pour demander une indemnisation, iront forcément rouler leur bosse dans d'autres boulots, tous aussi précaires et sous-rémunérés les uns que les autres. Mais qu'importe! Si cela permet de baisser les statistiques du chômage afin que le président se les approprie pour briguer un second mandat, qu'à cela ne tienne!

Trois mois de grands débats et de monologues interminables pour ça! Nous sommes bien dans le prolongement de l'acte I du quinquennat présidentiel et personne ne croit en effet à un "changement de méthode" selon les propres termes de l'exécutif. 

On continue comme avant avec la démonstration faite que la police et la justice sont en ordre de bataille pour frapper vite fort toute forme de contestation populaire.

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